Archive for the ‘Vie privée’ Category

Noir c’est noir

Thursday, January 29th, 2009

Jeudi noir, qu’ils disent, qu’ils claironnent, qu’ils prophétisent. Noir pour les travailleurs qui envisagent d’aller travailler – faut gagner sa croûte, pas vrai.

Pour l’emploi et le pouvoir d’achat” qu’ils disent. Donc on fait ch… ses voisins pour défendre son pouvoir d’achat : il serait peut-être plus judicieux de pousser les investigations, par exemple sur le grand écart de la viande, bien moins chère à la production, bien plus chère sur les étals des bouchers ou des hypermarchés. Pourquoi ? on pourrait pointer du doigt – et punir – les circuits de traitement-distribution qui se sucrent sur notre dos, mais c’est plus simple, on connaît déjà, on est habitué à République-Nation, on va encore claironner “Sarko des sous” et bloquer les trains les bus les métros les aéroports, pour punir le voisin.

Jeudi noir : c’est bien vrai. Jeudi noir des syndicats. Noir pour tout un tas de raisons. Noir de désespoir.

Cathédrales

Tuesday, January 27th, 2009

Ce n’est pas le Styx, et la barque de Charon n’y passe pas les morts ; c’est le STIC(*), le fichier aux 83 % de fiches erronées, et la barque de la Police y embarque (vous suivez ? embarquer = monter dans une barque !! quelle belle langue que la nôtre !) pêle-mêle les victimes et les agresseurs, les suspects avérés ou pas. Et ce n’est pas un petit fi-fichier de 3 sous : 36 millions d’entrées, mazette ! Le problème, c’est que ce fichier, critique, ô combien, car traitant de votre moralité, est faux…

Ce qui est surprenant, c’est qu’on puisse penser qu’un fichier si mahousse puisse être exact. Sur le volume, il y a toujours, forcément, des erreurs. Mais 17 % de fiches sans bavures, on est d’accord, c’est peu. Imaginez que le fichier des tarifs et codes-barre soit faux à 83 % chez votre hyper Mamoutte habituel : la crise !! la paralysie des caisses, le nervous breakdown des caissières, le dépôt de bilan vite fait.

C’est une mauvaise manie française que de bâtir des cathédrales informatiques jamais finies. On conçoit de magnifiques choses, on définit des structures intellectuellement belles, on y passe des ans, et quand c’est à peu près au point on constate que c’est obsolète, que le monde a changé entretemps, qu’on peut jeter le truc et en recommencer un autre(**). Et comme ce n’est pas avouable, on reste souvent avec son “usine à gaz” complexe et ingérable, absconse et pas au point car trop sophistiquée. On fait avec.

Une autre tare bien d’chez nous, c’est que l’intendance ne suit pas.  Beau fichier, immense effort de conception, vaste édifice, mais 3 bouts de ficelles pour le maintenir en état et à jour. Non par manque de fric : du fric, il y en a, l’administration française sait pressurer le contribuable ; mais parce qu’on n’y pense pas, c’est subalterne, voilà tout.

Pour en sortir, une idée : sachant que tout acheteur de bagnole est désormais taxé “prévisionnellement” de 4 euros pour la bonne gestion du futur système informatique des cartes grises (système qui n’est pas encore en place, sauf la taxe, bien entendu, voir mon billet là-dessus), pourquoi ne pas taxer de 4 euros tout individu “bénéficiant” d’une fiche dans le STIC ? pour qu’il puisse espérer, prévisionnellement, qu’un jour lointain la fiche le concernant sera correctement renseignée, avec les coches dans les bonnes cases ?

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(*) STIC : Système de traitement des infractions constatées

(**) Le problème, c’est la CNIL : Si ces enfoirés ne mettaient pas leurs grosses patasses là où ça ne les regarde pas, le STIC aurait pu continuer à vivoter tranquille, faux comme une casserole mais doit y avoir quand même du bon…

Vingt-deux euros au grattage

Monday, January 19th, 2009

Un canard du Sud-Ouest, à Bordeaux donc, nous conte qu’une dame de Bruges (en Gironde, Bruges, en Gironde, pas en Belgique, une fois) s’est fait verbaliser au volant pour une cigarette allumée : 22 euros et probablement un petit sermon avec. Il importe que tout conducteur bzz-bzz-bzz-bzz gna-gna-gna ( et idem, toute conductrice) soit à tout moment prêt à la manoeuvre !!

C’est déjà difficile de conduire, il faut être vigilant… mais il m’arrive, je l’avoue, de me moucher, notamment si je suis enrhumé. J”empoigne donc un mouchoir et souffle dedans : paf, 22 euros. J’ose aussi jeter un coup d’oeil sur le tachymètre(*) pour voir si je suis dans les bonnes vitesses, et notamment à l’approche d’un radar : 22 euros. Ou bien, je regarde ma montre, ou celle du tableau de bord, ou la jauge d’essence, je rajuste mes lunettes…

Il arrive même, le croiriez-vous, que mes testicules – problème masculin, purement masculin, je vous l’accorde) se coincent de biais dans mon slip ; dans la position assise du conducteur, c’est gênant, voire irritant ; il me faut donc glisser une main – généralement la droite, car le clignotant est à gauche – derrrière la ceinture, dans le pantalon, aller chercher l’objet du litige, ou plutôt les objets, et les remettre en bonne position. J’en profite même parfois pour me gratter, ça fait du bien. Et bon, hein, à supposer que je sois pris sur le fait : 22 euros !

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(*) ?? compteur de vitesse

Divers d’hiver

Sunday, December 21st, 2008

C’est dimanche et c’est l’hiver. On reste donc sous la couette ce matin, il doit faire froid dehors. Et l’on n’écrit pas de billet sur son blog, car le dimanche c’est un repos bien mérité pour le bloguiste, le blogueur, le blogophile, le blogoscripteur. Ceux qui réclament l’ouverture des blogs le dimanche n’ont qu’à en écrire un, ils comprendront  rapidement que tout blogueur a légitimement droit à un jour de repos par ci par là, et pourquoi pas le dimanche ?

Et disons-le, écrivons-le plutôt (*) cette entrée en matière officielle de l’hiver, cet hiver calendaire nous arrive en plein hiver : on a commencé sans lui, neige sur les champs, patinoires routières, congères qu’on gère comme on peut.

Mais les jours, petit petit petit, vont rallonger d’un pouïème dès demain : la lumière revient progressivement, la crise n’y peut rien, nous allons vers les beaux jours. Les beaux jours de récession et d’économie à la ramasse.

Tiens, ça s’arrose !

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* Parler en écrivant, c’est bénin et banal… tenez, Glenn Gould avait coutume de chantonner en jouant ses BWV sur sa chaise surbaissée et son Steinway trafiqué, ça s’entend même sur ses enregistrements ; m’entendez-vous parler mes blogs ?

Pas trop tôt (mettes)

Sunday, August 24th, 2008

De retour en pays civilisé, après le désert de la Toile en pays de Giono. Là-bas, wi-fi = zéro, cyber-cafés de la plus grande rareté à 3,80 euros l’heure… la galère, quoi.

Mais on a survécu, de même qu’on a survécu à ça…

Tomettes, tomettes (ici photo carrément pas lisible)

à suivre ! On attaquera la face Nord du carrelage de la chambre 3 sous peu, incessamment, si si.

Se souvenir d’oublier

Tuesday, August 5th, 2008

Carrelant, coupant des carreaux, ajustant des tomettes, je peux penser. Deux activités donc, extraordinaire avantage des professions dites “manuelles”, là où l’intellectuel, absorbé dans son équation différentielle partielle ou son chiasme hasardeux se trouve bien incapable de faire autre chose.

Et je constate, fort de nombreux exemples généralement désagréables, que les femmes ont sur les hommes une supériorité de nature différente, qui consiste à TOUT se rappeler, et à le rappeler à qui de droit au bon moment et à bon escient, là où ça fait généralement mouche. Tandis que les hommes ont oublié, ne se souviennent pas, n’en ont aucun souvenir, ou alors vague et brumeux, et en tous cas jamais dans le degré de précision dont peuvent faire état les femmes.

Supériorité là aussi ? voire. Etre capable d’oubli me semble, pauvre carreleur pensant, largement plus bénéfique, et permet de vivre, tout simplement.

Carreau diario

Thursday, July 24th, 2008

Il te souvient certainement, lecteur navré de mon silence, que Nanni Moretti avait commis en son temps un opus filmique délicieux, à mettre sans hésiter sur les rayons de sa filmothèque perso : “Caro diario” – cher journal…

Me retrouvant devant ma page blanche – l’écrivant, elle ne l’est plus, paradoxe bien connu (*) -, je ne résiste pas au calembour du “carreau diario”, tant la faïence 20×25, la terre cuite hexagonale, le listel portugais m’habitent.

Ce ne sont pourtant pas les céramiques qui me réduisent au silence bloguin, me baillonnent, tuent ma plume… mais la localisation du lieu d’où je cause, le Milieu de Nullepart, ravitaillé par les corbacks, loin, très loin de la Toile. Et comment communiquer, hein ? par signaux de fumette ? car les céramiques, ça se maîtrise, mais oui, pas si dur… mais un lien vers la Toile, alors là, on peut crever. Et personne pour me tendre la main (**).

Tiens, les mobiles aussi : en montant sur l’appui de la fenêtre de la chambre Ouest, au premier étage, par temps clair, on arrive à capter 2/5 de signal Orange, on parvient – dangereusement – à téléphoner ; quant à Bouygues et SFR, alors là, je ne sais pas, il faudrait avoir 3 abonnements, un pour chaque trou de réseau cellulaire.

Mais z’à part ça, tout va bien. Le pétrole est moins cher, paraît-il. Le baril, s’entend. A la pompe, alors là… déjà que c’est compté en millièmes d’euro, on va bien nous ristourner 3 millièmes d’ici la prochaine hausse. Radieuse perspective. J’en salive d’avance.

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(*) Thème classique de pont-aux-ânes philosophique : dans les documents officiels,  au haut des pages presque blanches : “cette page est volontairement blanche”. Vous mettrez en évidence le caractère contradictoire de cette assertion.

(**) C’est Rimbaldien ! ma parole, on dirait du Rimbaud. tenez, je cite : ” Moi ! moi qui me suis dit mage ou ange, dispensé de toute morale, je suis rendu au sol, avec un devoir à chercher et la réalité à étreindre ! ” : Je suis rendu au sol… c’est fort, non ? sols de terre cuite…

Fermeture partielle

Saturday, July 12th, 2008

… pour cause de travaux.

Le numismate-carreleur Fernand m’a lâcher, et voici donc que je me retrouve soliste*-carreleur-faïenceur à genoux, dur apprentissage tardif des rigueurs du compagnonnage.

Le voilà donc, par force, en sols bémol**, mon blog du chat ! et par voie de conséquence, lecteur assidu ou attentif, occasionnel ou épisodique, n’espère pas trop de brillants, touchants, féroces, amers, impertinents, alertes, espiègles, mornes, désenchantés, laconiques billets.

Les billets désespérés sont d’ailleurs les billets les plus beaux ; mais les tomettes hexagonales de terre cuite bien alignées, hein ? en avez-vous seulement une vague idée, de l’émotion qui naît de l’alignement du chant des tomettes ?

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* poseur de sols

** le croirez-vous ? ils proviennent de Ravel, les sols, tout comme le beau lérot.

Les jours les plus longs

Thursday, June 5th, 2008

Le solstice approche, solstice d’été bien entendu. Et chaque année qui m’est donnée me restitue cette fringale de lumière tôt-matinale, de jour-se-lève frais, de silence lumineux, après l’aubade des oiseaux invitant, justement, l’aube à paraître sans plus tarder.

Il est vrai que depuis de nombreuses années, et pour d’obscures raisons d’économie d’énergies, les petits matins – rosée dans l’herbe et brume sur les prés – ne se découvrent au regard que sur le coup de six heures. Matinal du matin, je souffre de cette heure qui m’est volée, qui condamne mes premiers moments quotidiens à l’obscurité – mais que dire de la masse de mes congénères, englués sous la couette, aveugles à ces moments magiques, abonnés au lever le plus tard possible ? La vie est brève, pourtant, et le sommeil n’est pas la vie.

Et approche ce solstice, que des amuseurs publics ont maquillé en foire de la musique… je leur laisse le soir, sûr qu’ils me laisseront l’aurore. Connaissent-ils comme moi, tous ces tardifs, cet annuel pince-coeur qui me vient aux deux-tiers de Juin, conscient que désormais et de nouveau l’ombre gagne chaque jour un peu sur la lumière ; trop tôt, bien trop tôt, on n’aura pas eu le temps de savourer le silence, la paix et la lumière du matin.

Vague au blog

Saturday, May 10th, 2008

Un blanc, un blanc bien blanc dans la litanie bloguine, bloguesque, bloguante, blogâtre. Que de billets bulles de savon, barbe à papa, poudre aux yeux, creux pour dire court. Une de mes belles-soeurs, peu fréquentable par ailleurs, disait détester les blogs, englués dans l’évènementiel, dans l’immédiateté, le nez collé sur l’actualité, marchandise à courte date de péremption. En l’occurrence elle avait raison, toute braque et mauvaise qu’elle était.

Ecrire sur la mort-bis de Pascal Sevran (ça sevran au plus offrant), annoncée deux semaines trop tôt, ou sur la chicaillerie poitevino-poitevine Royal-Raffarin, sur l’embellie du cours du dollar étasunien, sur l’anniversaire de la présidence de not’ Nicolas ?? pirouettes, bons mots, et à quoi bon ? on devient aquoiboniste à écrire des billets bloguiens.

D’un autre côté, donner la version 8722 du mythe décisif, ou de la légende de promettez, ou encore de la fable du gras Al, intemporels sujets, vastes couillonnades filandreuses où l’Humanité tout entière patauge depuis 2000 ans, en compagnie de Narcisse, Dédale et Orphée ? ah non, je ne serai pas ce plagiaire-là.

Passant qui passe devant les devantures et les étals (un étal, des étaux) des bouquinistes d’occasion et des soldeurs de livres, ou bien encore devant les cartons étalés à même le sol, pleins de vieux bouquins, des foires à la brocante et des vide-greniers, vois comment finissent les écrits, aussi prestigieux soient-ils. Hugo, Sartre, Camus, Balzac… tous par terre, dans la poussière, et à 50 centimes, en négociant bien.

Alors, écrire un blog ?? hein ? je vous demande un peu…