Archive for the ‘Société’ Category

Avec des rennes et des clochettes

Saturday, December 24th, 2011

Je lis ce jour que les gendarmes se décarcassent du côté de Tournus pour comprendre comment un homme a pu essayer de descendre du train qui justement venait de quitter cette gare, se péter méchamment la gueule sur la ballast et en mourir, crâne enfoncé. Les portes auraient normalement dû être bloquées, paraît-il…

Je lisais hier que les statistiques indiennes d’accidentologie (quel moche mot !)  font état d’environ  36.000 morts (vous me passerez les pouïèmes) sur le réseau ferré périurbain de Bombay en 10 ans – soit 10 morts environ par jour, et autant de blessés (estropiés à vie, grabataires, légumes en chaise roulante etc). Là-bas si les portes des wagons sont fermées c’est qu’elles sont coincées – autrement c’est portières grand-ouvertes, passagers cramponnés aux barres de maintien, marchepieds surpeuplés, et mettez m’en aussi quelques uns sur les toits. Déjà que chez nous les houatères ne sont pas souvent nickel dans les trains, même au début de leur périple – des mauvais Français ne lèvent pas la lunette pour pisser, et splassh, ils visent en plein dessus, ou ils passent pas la balayette après la grosse commission, ou y a pas d’eau dans le réservoir de chasse, ou c’est bouché…  je n’ose imaginer l’état de leurs homologues bombaysiens avec la chaleur qui règne là-bas.

C’est clair, on a l’air riquiqui avec nos chiffres d’accidents ferroviaires : on est pas de taille ! et pourquoi je vous raconte ça ? je sais pas, c’est Noël, ça devrait pouvoir faire un conte de Noël, non ? les joulis trains de banlieue de Bombay, avec leurs grappes d’humains juchés sur les marchepieds et les tampons entre les wagons – en y ajoutant, évidemment, de la neige, des guirlandes à clignotements et des sapins. Allez, “Jingle bells, jingle bells…”.

Bébert

Noël mammaire

Friday, December 23rd, 2011

Vous en serez certainement d’accord, l’annonce, peu avant Noël, que les prothèses PIP (*) destinées à donner plus de volumes (allez, au pluriel, c’est plus volumineux) aux seins des femmes soucieuses d’aérodynamisme, sont de vraies bombes à retardement et vont devoir être “explantées”, présente bien plus d’importance que ce buzz (le remue-ménage, quoi) autour de  l’initiative débile de nos parlementaires visant à légiférer sur la négation du génocide arménien.

Cette loi conne et inutile viendra s’ajouter aux nombreuses lois stupides, Gayssot etc… destinées à “cadrer” et censurer l’expression. Il est clair que la “Shoah”, le génocide Khmer, arménien, vendéen, Katin, le Goulag… j’en oublie, là ? … sont des faits historiques, que leur réalité ne résulte pas de textes votés par le parlement français, mais d’une démarche neutre, scientifique. Les députés ont perdu là une occasion d’aller boire un coup, au lieu de faire tourner la machine à légiférer – qui chez nous ne chôme pas ! le problème, c’est juste de les faire appliquer, les lois… mais ceci est une autre histoire.

Mais basta avec cette loi, tirons la chasse. En fait, je ne puis m’empêcher d’établir un parallèle entre les notes attribuées par nos 3 comiques, Moodys-Standard etc…-Fitch, et la profondeur des bonnets de nos congénères du sexe dit faible (mon oeil !). Car autant il était du dernier chic il y a peu d’arborer des tailles C, D, E… (catégorie carrément spéculative), autant il est maintenant gratifiant, positif, de s’afficher avec du A, du AA, du AAA+ (celui-là, c’est pour Jane Birkin, à ses propres dires). Ca permet assurément d’éviter toute “dégradation” – vous en conviendrez avec moi, une poitrine dégradée à C- -, “à jouer au foot avec”, dotée ou non de prothèses PIP,  c’est affligeant et moins pratique que des oeufs au plat.

Reste à pondre une loi pénalisant la négation de la nocivité des prothèses mammaires PIP. Soyez tranquilles, ça va venir.

Tibert

(*) exception faite des “reconstructions” mammaires suite à des cancers du sein – là, on ajoute l’horreur au tragique.

Heureux peu (*)

Monday, December 19th, 2011

J’aime bien madame Joly, et de plus en plus au vu de son programme.

Super, son programme ! outre qu”enfin elle propose de dépénaliser le cannabis – du simple bon sens, mais le bon sens se fait rare chez nos élites éclairées – ce qui permettra de mettre sur un pied d’égalité la fumette le tabac l’alcool et les anxiolytiques, elle se lance hardiment dans la déconstruction de la cellule familiale traditionnelle, car il est bien établi que c’est être réac’ et pas vert du tout – ça aurait même, paraît-il, un effet néfaste sur les gaz à effet de serre – de se cramponner à la structure parentale classique (et qui fonctionne bien, merci). Là, je dois dire, je ne la suis pas du tout.

Son slogan sur le “moins consommer” me plaît, en revanche (sauf sur la bouffe, où j’ai des réticences) : enfin un coup de pied au cul des appareils à masser l’intérieur du gros orteil, des crêpières électriques transformables en machines à tortillas, des tiédisseurs de mousse à raser, des ionisateurs d’air tantriques et des fontaines lumineuses  à eau recyclée. “Ma thurne est découverte” va pouvoir mettre la clé sous la porte, et Boulinex  se recentrer sur ses métiers de base : l’autocuiseur et le presse-purée à manivelle.

Enfin, last but not liste, et même le plus important : les 32 heures ! On en rêvait, Eva le fait. Reste à faire fonctionner tout ça : simple, moins on consomme, moins on a besoin de produire, donc de travailler. C’est d’une logique impeccable, et je dirai même que ça touche aussi bien le fonctionnaire des Impôts que le fabricant de gratte-dos à décharge statifiée. Du moment qu’on ne produit que peu, on déclare peu à l’URSSAF, les rentrées de fric se faisant rares, il devient de plus en plus simple de les contrôler, c’est vite bâclé, en moins de 32 heures, tiens !

Restera à occuper nos loisirs, considérablement plus épais… ne consommant que peu, et surtout des voyages voraces en effet de serre, on restera à la maison, ou on partira à vélo, avec une remorque éventuellement, comme les congés payés en 36. Pour ne pas être esclave de la consommation, on lavera notre linge au lavoir – tiens, en voilà des boulots à créer, remettre en route les lavoirs de nos grand-mères, avec les planches, les brosses et le savon de Marseille – et ça passera le temps agréablement. A la veillée, on évitera de se cramponner à “Sacrée Niaiserie” sur TF2 (sauf si on dispose d’une dynamo pour alimenter la télé, et en privilégiant tout de même Arte et la Chaîne Parlementaire) : on cassera les noix pour les porter au moulin, on alimentera le poële à copeaux de bois, on triera les lentilles “bio”, on se tricotera des pulls, on se fera la lecture, on fera des petits.

Je plaisante, bien évidemment. Ce sont en fait des propositions très intelligentes… pour des gens évolués, cultivés, assez friqués pour avoir tout l’essentiel, se trouver bien chez eux et occuper leurs loisirs intelligemment. En d’autres termes, c’est un programme élitiste. Proclamons vite la REVE, la République des Elites Vertes et Eclairées et rejoignons-la – puisque nous en sommes, bien évidemment.

Tibert

(*) Happy few, chez nos voisins d’outre-Channel

Clausus à la campagne

Thursday, December 8th, 2011

Vous en penserez ce que vous voudrez, mais moi je vais vous écrire ce que j’en pense. D’abord le Figues-à-rôts nous apprend qu’on relève le numerus clausus des études de médecine à 8.000. Mon dieu ils sont fous, c’est trop ! et les pontes de s’étrangler, il va pas y avoir assez de place dans les amphis des fac’s de Médecine. Vous voyez la logique imparable du raisonnement : je veux monter un mur de 1 mètre 50, il me faudra 3 mètres-cubes de ciment… ah mais me dit le maçon, on a pas de bétonneuse, on a qu’une brouette, ça va pas le faire ! … ah bon, réponds-je, conviens-je, ah bon, alors on va juste construire un muret de 30 cm.

Elle est pas belle, ma parabole ? c’est exactement ça, on justifie le numerus clausus par l’exiguïté des salles de fac’s. Alors que, tout le monde le sait, le numerus clausus, il est là uniquement parce que les médecins, et leurs chefs en tête, tiennent à rester un produit rare, et cher ! cher… et ce, depuis des lustres. Résultat, on est bien soigné à Nice, Cannes, Bormes-les-Mimosas, Toulon, Cassis, Bandol, au Cap-d’Ail, mais à la campagne on essaye de se trouver tant bien que mal des Roumains, des Marocains, des Libanais, des Polonais, des… qui, eux, sont passés par des fac’s où il y avait de la place, eh oui.

Mais pour ne pas trop casser le métier, pour espérer encore attirer des vocations de toubibs, la médecine est devenue plus humaine, entendez, moins difficile pour les pauvres et rares médecins. Du temps de mes parents et de mes jeunes années, le docteur se levait à 2 h, se relevait à 5 h au besoin, si on l’appelait au secours. Maintenant, c’est (répondeur, voix enregistrée) : la nuit ?  “le cabinet du docteur LaRotule est fermé jusqu’au… appelez le 15″. Le week-end ? appelez le 15. Ou allez aux urgences à l’hôpital le plus proche. Vous pouvez pas vous déplacer ? appelez le 15.

On est bien soignés, je vous dis… une de mes connaissances a eu dernièrement un gros ennui au côlon, à proximité de l’anus. Opération… le toubib lui présente un choix de “poches” qu’on pourra lui installer – pour faire caca, ou quelque chose d’équivalent, vous comprenez bien. Charmante perspective, et la dame, effondrée, de lui dire tout de go : “si vous me mettez un truc comme ça, je vous le dis, je me jette par la fenêtre. Je ne supporterai pas”. Que croyez-vous qu’il arriva ? ah bon… bon, alors on va vous opérer. Et on l’a opérée, et sans poche, et ça fonctionne très bien. Moralité ? si elle n’avait pas protesté véhémentement, elle l’aurait, sa poche à caca : c’est plus facile, et c’est moins cher.

Tibert

Pointeur

Wednesday, December 7th, 2011

Un pointeur, en programmation, c’est juste une adresse qu’on note dans un endroit sûr,  pour être sûr, justement, de retrouver un truc dont on aura besoin par la suite. Par exemple, “Ma paire de rollers de figures libres : dans le placard d’entrée, en bas à droite“. Je cherche mes rollers ? hop, un petit coup de pointeur, et on y est. Du coup, au lieu de dire “les freins de ma paire de rollers de figures libres“, on peut dire “les freins du truc qui est en bas à droite dans le placard d’entrée” : ça fonctionne aussi bien. Quel intérêt ? c’est quasiment aussi long, m’objecterez-vous…  certes, mais si la paire de rollers de figures libres est, disons, en case B12, ça devient “les freins du contenu de la case B12“, ou, par métonymie, en assimilant hardiment le contenant au contenu, “les freins de B12″ : là, c’est plus court, non ? putain c’est super, la programmation, avec Métonimi et son pointeur.

Mais pas le temps de gloser là-dessus aujourd’hui : si vous suivez ce pointeur, donc, vous devriez trouver un billet de blog que j’ai lu avec beaucoup d’intérêt. Ca s’appelle : “Blouse, uniforme et vêtement commun : réflexions sur la liberté“. On n’est pas seul, non Jeff t’es pas tout seul. Il y en a d’autres qui trouvent que ça ne tourne pas très rond dans l’Educ’ Nat’, et qui proposent des pistes de réflexion.

Et tant que vous y êtes, les commentaires des lecteurs, eux aussi, valent le coup d’oeil. Allez, à plus, j’ai pas le temps, j’ai du lait sur le feu.

Tibert

Petits boulots

Wednesday, November 30th, 2011

Les USA sont champions des petits boulots. Par chez nous, pays marqués (France, Italie) par les restes encroûtés de l’idéologie marxiste, état-providence, tous fonctionnaires, tout ça, le “droit au travail” a dérivé – faute de travail considéré comme digne de ce nom, et même de travail tout court – vers un “droit aux indemnités” diverses et variées, chômage, RSA et autres compensations pour nous consoler de ne point travailler. Ce n’est pas chez nous que les supermarchés restent ouverts 7 / 7, 24 / 24, et il n’y a personne au cul des tapis de caisse pour emballer gracieusement les denrées dans des sacs en papier kraft. Ici faut tout faire soi-même, la caissière et l’emballeur. Les retraités états-uniens aux revenus chiches sont livreurs de pizzas, distributeurs de journaux, dames-pipi, vigiles de supermarchés… bref là-bas on bosse, car l’état-providence ne providencie pas grand-chose.

Un petit boulot très prisé aux USA, mais hélas exclusivement masculin – mesdames, ce n’est pas du sexisme, c’est simplement physiologique – c’est donneur de sperme. Chez nous la branlette dans l’éprouvette est gratuite, bénévole, et l’on ne bénéficie même pas d’un sandwich pour se requinquer de cette épreuve éprouvante. Chez eux, c’est de 50 à 100 dollars, de quoi se payer une bonne bouffe – mais ils sont peu doués de ce côté là. Là-bas aux “States” des hommes en vivent, non comme dans les films X, au titre de “hardeurs” pleins d’ardeur, mais comme donneurs de beaux et vigoureux spermatozoïdes. Et, tenez, vous le verrez dans cet article, c’est au point que moult chères petites têtes blondes issues d’inséminations artificielles états-uniennes se ressemblent bigrement, ça va friser bientôt la consanguinité : les “receveuses” veulent toutes qu’il soit grand, blond, et aux yeux bleus (riche, très intelligent et en bonne santé, si possible aussi, mais bon…).

Voilà de quoi inspirer nos employés de chez Popaul, alias Pâle-Emploi : “donneur de sperme”, ça le ferait, comme boulot, si la législation suivait. “Donneur”, d’ailleurs, serait inapproprié, puisque ce serait un don rémunéré : disons 60 euros la giclée, 10 fois par mois, ça ne vaut pas un Smic, mais ça permet de vivre dignement et rester propre. Et dans nos contrées, pays marqués par les restes encroûtés etc etc …( voir le début de ce billet) on se refusera toujours, et heureusement, y a pas de raison, à payer 40 euros le petit brun aux yeux marron et 80 le grand blond aux yeux clairs. Le même prix pour tous ! c’est en revanche, hélas, on l’a déjà constaté, assez inaccessible aux femmes, et ça risque de ne pas changer à court terme. Faisons confiance à nos inventifs technocrates pour concocter en conséquence une “indemnité féminine compensatoire de don du sperme” calée sur l’assiette de l’indice des loyers en région parisienne, et pondérée du quotient familial divisé par l’âge du capitaine, ça va sans dire.

Tibert

Un tyran reste au quai

Friday, November 18th, 2011

(Non, ce n’est pas un commentaire sur Kadhafi ou Néron, c’est un contrepet : je vous aide ? allez… “mesdames-messieurs… rester propre… une petite pièce, un tick…”)

Bon, on y va ? attachez vos ceintures.

Monsieur Wauquiez, ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche – vous savez ce que je pense de cet assemblage Enseignement /Recherche :  c’est 75 % bidon, mais ne le répétez surtout pas – estime qu “ ‘être payé quand on est malade, ce n’est pas très responsabilisant“. Certes ! d’ailleurs dès que je peux choper au voisinage d’une personne visiblement enrhumée, souffreteuse, malade, un de ses virus vicieux et violemment contagieux, par exemple en lui léchant discrètement les mains, je m’empresse de le faire, et toc, ça me fait un arrêt maladie aux petits oignons, au fond du lit, malaaade, fiévreux, mal en point mais quel bonheur ! quel agréable sentiment d’irresponsabilité ! Puis-je ajouter que les fonctionnaires, à comparer les quotas de jours de carence, ont un sentiment d’irresponsabilité 4 fois plus important que les salariés du “privé” ; il faudra remédier à cela, monsieur le Ministre.

Monsieur Wauquiez en a, et comment, des lumières, sur le sentiment d’irresponsabilité : on vient d’apprendre que le désamiantage du campus universitaire de Jussieu (à Paris, forcément, sinon je vous dirais où c’est) aura coûté (NOUS aura coûté) 1,85 milliard d’euros, au lieu des 183 millions estimés au départ. Evidemment, un chantier 10 fois plus coûteux que prévu, ça interpelle quelque part au niveau de la feuille d’impôts… et donc, notre ministre de déclarer qu’il a … ““l’intention de tirer les enseignements des erreurs qui ont pu se produire pour continuer d’améliorer les procédures de gestion des projets immobiliers par une organisation efficace, transparente et irréprochable”. Mon commentaire : n’en restez pas aux intentions, monsieur le Ministre ! si par hasard, inadvertance, malchance, des erreurs ont pu se produire (vachement peu probable, nous en convenons tous), et si 1,7 milliard d’euros ont pu s’évaporer vers les caisses des entreprises de désamiantage ou vers je ne sais quelle fuite dans un tuyau d’euros, nous sommes intéressés à ce que vous “continuiez d’améliorer les procédures“, il y a largement de quoi faire.

Bon, autre chose : vous avez compris pourquoi, quand on veut vendre des pull-overs, il faut montrer une photo du pape roulant une pelle au grand mufti ? ils ont même pas de pull-overs… c’est nul, comme pub’. Benetton, à la benne, j’irai acheter mes pull-overs ailleurs.

Enfin : des Cathos intégristes rouspètent et perturbent une pièce à Toulouse (à Toulouse, cong !) intitulée “Golgotha picnic‘”. Il paraît que c’est blasphématoire. Et les organisations de Gauche, LDH CGT NPA PCF etc etc… de s’étrangler(*), et de clamer “Non aux intégristes, liberté d’expression !”. Vous admettrez qu’il y a là un superbe paradoxe, un oxymore logique, un sujet de dissertation philosophique : si  la liberté d’expression est un droit intangible, pourquoi les intégristes doivent-ils fermer leur gueule ?

Tibert

(*) il me souvient qu’au NPA, partie prenante des protestations “de gauche” à Toulouse contre les cathos intégristes, on avait présenté une candidate musulmane et voilée, et voilà…  cet intégrisme-là, en revanche, ne les défrise pas plus que ça, au NPA.

Deux Droits de droit

Wednesday, November 16th, 2011

Il existe en France 2 classes dans les trains, 2 versions d’andouilles : celle de Vire et celle de Guéméné, et 2 droits du travail. L’Etat est en effet un employeur qui a les moyens – avec nos impôts, merci – de faire travailler ses employés selon SON droit, qui n’est pas le droit des clampins qui bossent pour Pierre Paul ou Jacques. Il y a donc des salariés à 2 vitesses, ceux qui en cas de maladie se voyaient jusqu’à présent  retirer 3 jours de salaire (jours de “carence”) et ceux qui n’étaient pas pénalisés du tout, zéro carence, mais restez donc chez vous ma bonne dame, soignez vous, ça ne vous coûtera rien : les fonctionnaires.

Cette situation bizarre suscitait bien des blagues plus ou moins drôles – celle des 2 nanas dans leur bureau paysager  bavassant derrière leurs ordinateurs : “et toi, tu les a pris, tes congés de maladie ? ” – et donc le gouvernement, soudain conscient qu’un être humain du “privé” est en principe malade de la même manière et pour les mêmes raisons qu’un fonctionnaire (*), a rectifié le tir, vers plus de justice et d’égalité (Egalité : une des trois papattes de notre devise). Dorénavant, donc, ce sera QUATRE  jours de carence pour  le “privé”, et UN jour pour les fonctionnaires, et toc. C’est nettement plus égalitaire, en maths on pourrait calculer que ça fait maintenant un rapport de 4 fois plus de carence seulement pour le “privé”, alors qu’auparavant c’était infiniment plus !

On progresse, on progresse !

Tibert

(*) Notez, vu que les salariés du “privé” n’ont pas l’emploi à vie – autre petit avantage supplémentaire – ils peuvent en ressentir une certaine fragilité, une plus grande sensibilité aux germes, microbes, virus… et donc on peut être fondé à penser qu’ils sont susceptibles de tomber plus souvent malades. Avec 4 jours de carence au lieu de 3, ça va certainement leur remonter le moral, et les dissuader de forcer sur les arrêts de maladie.

” Il n’y a de Dieu que le mien…

Thursday, November 3rd, 2011

.. le tien c’est de la grosse daube”. Voilà en gros ce que depuis plus de 2.000 ans nous entendons, nous et ceux qui au fil des siècles et des étripages inter-religieux nous ont précédés. C’est idiot, n’est-ce pas, puisque par définition si Dieu existe, il est assez grand – il est même Très Grand, paraît-il – pour intervenir et nous prouver qu’il est lui, et pas un autre. Mais bernique, il se garde bien de le dire, et je pense savoir pourquoi – ou alors je suis sourd ?

Donc, soyons clairs : croyez à ce que vous voulez, même aux Martiens, tiens, mais souffrez, admettez que moi je n’y croie pas, et c’est là mon droit le plus strict, tant que vous n’aurez pas d’autre argument à me déballer que votre ignorance des origines de l’Univers, et d’autre motivation que de survivre quelque part à votre mort.

Mais bon, on pourrait à la rigueur admettre que l’idée de Dieu touche à l’ineffable, au transcendantal, bref au divin  – c’est du truisme pur beurre que je vous sers là – et donc ce serait “sacré”, et donc pas-touche, il serait interdit de se foutre de la gueule de Dieu et de ses prophètes, ses prêtres, ses rabbins ou ses muftis… on pourrait l’admettre. Sauf que… sauf qu’il se trouve que certaines religions – qui sont en principe des affaires privées, c’est bien connu – prétendent régenter nos vies et nos comportements, et de manière coercitive. Alors là, c’est intrusif, abusif, et ça justifie les critiques, et comment ! et sur tous les tons, y compris sur le mode humoristique  façon Charlie-Hebdo.

Un certain nombre de principes de vie en société sont essentiels, et aucune religion ne peut prétendre à les nier. Entre autres, une femme = un homme, et donc un ménage c’est UNE femme et un homme ; on ne pratique pas les châtiments corporels (*) ; on respecte le droit à la contraception ; la capote anglaise – bien qu’anglaise, personne n’est parfait – a droit de cité ; on a des frigos et des inspecteurs sanitaires pour s’assurer que la viande de porc, elle aussi, est saine et comestible. Et on a le droit d’en manger, je veux ! et aussi de ne pas en manger, oeuf corse. Mais vous avez tort.

Tibert

(*) sauf le plus méchant, la peine de mort, ici ou là… on n’est pas encore tout à fait sortis de la barbarie.

Oxymore and more

Tuesday, October 25th, 2011

Je fais dans les billets courts, ces temps-ci, question d’humeur. Alors faisons court.

Un titre du Figues-à-rôts de ce matin : “La Lybie sur le chemin d’une démocratie musulmane“. Gageons qu’en chemin, sur sa route,  elle va paumer sa démocratie, ou sa musulmanitude, car je vois mal les contours de ce nouveau concept assez nouveau, la “démocratie musulmane”. Peut-être ce sémillant ex-jeune philosophe à chemise blanche ouverte au col et cheveux en soigneux désordre pourra-t-il éclairer notre lanterne ?

Il me semble en effet qu’en démocratie un citoyen sur deux environ est une citoyenne, dotée exactement des mêmes droits que l’autre moitié des citoyens. C’est mal barré, ou je me fourre le doigt dans l’oeil. Vu que la polygamie va être reconnue, mesdames, vous pourrez désormais vous constituer symétriquement à la maison  un petit nid de mâles, c’est la démocratie islamique qui vous y autorise. Et mettez-leur donc un chapeau assez couvrant sur la tête, des vêtements vagues, afin qu’ils n’excitent pas la concupiscence de vos voisines.

Kadhafi est au trou, on ne va pas pleurer sur lui, certes. On pourrait même dire, comme les Québecois, “mais r’gard’ bien, c’est pas plus pire”. Re-certes. Mais j’ai des doutes.

Tibert