Archive for the ‘Expression’ Category

Une gaffe à la Une

Thursday, June 19th, 2008

Le Figarôt-sur-la-Toile nous en régale d’une bien grosse, bien lisse, repérable à trois kilomètres :  le gros titre, pas moins, la Une de la Une.

“Des généraux contestent la réformes des armées”.

A la réforme aussi, le correcteur (orthographique) de chez le Figaro ! Même les cancres ne la feraient pas.

La réforme oui, la chienlits, non.

Logan de la Mer Noire

Tuesday, June 17th, 2008

Je vous dirai un autre jour pourquoi je n’accentue pas mes mots accentues : banaux maux de mots, qui n’obereront pas la clarte de mon propos.

Je lis ceci dans une etude du Monde consacree aux tops et aux flops de la bagnole :

Ecologie et “low cost”. Véritable best-seller depuis trois ans, la Logan - le modèle “bas coût” de Dacia - progresse de plus de 50 % malgré un léger recul en mai, imputable aux conséquences du mouvement de grève des ouvriers roumains.

Donc, le modele “bas cout” entre guillemets, et “low cost” itou : alors, qu’ecririons-nous sans guillemets ? hein ? le modele a Bakou, sur la mer Noire ? que fout-il a Bakou ? il a besoin de petrole, bien sur… mais ce n’est pas en Roumanie !! ou bien le modele a coup bas ? pas tres vendeur, ce truc. Je vais vous dire un truc : pour moi, c’est sans doute au cours d’un remue-meninges de creatifs chevelus que “Logan” s’est vue baptiser, et les fumeurs de moquette tournaient autour de “bas de gamme”, “gamme basse”, tentaient du franglais la-dessus : low gamme, low gamme… bon sang mais c’est bien sur !! Logan. La bagnole a pas cher, quoi. Y a pas de honte a ca, moi je vais bien acheter mes nouilles chez les dursdiscompteurs.

La peur de dire les choses… c’est terrible.

Hier il ne plut pas

Friday, June 6th, 2008

Notre langue, pour autant qu’elle échappe dans les années qui viennent aux mâchoires destructrices des “implémenteurs de bottom-up focusés sur le trend” d’un côté, et des “Keskon en a a 6 ré”, sans oublier la troisième mâchoire, celle des “enculé nique ta race”, notre langue, donc, a de bien belles tournures(*).

Elle évolue, bien sûr et neanmoins, et, parlée, s’éloigne chaque jour un peu plus de l’écrit. C’est ainsi, et cela s’explique, en cette époque de bruit, bruit qui nous épuise, affaiblit le message, oblige à utiliser le gros trait, la redite, le petit nègre, faute de quoi l’on n’est pas entendu - quant à être compris…

Ainsi ce besoin d’associer systématiquement à l’oral le sujet et le pronom personnel correspondant, comme si le sujet ne suffisait pas à la clarté du propos. “Mon père il est boucher”. “Les fourchettes elles sont dans le tiroir”.

Cette habitude quasi générale est à rapprocher des techniques de dialogue “à distance”, tant verbales qu’électroniques. Exemple, nous nous adressons à un proche, pas si proche que ça, puisqu’au lieu de lui dire tout à trac “Paulette, passe donc chez le boulanger acheter du pain”, nous procédons en trois temps : “Paulette ? - oui ? - passe donc chez le boulanger…”. Technique de communication fort commune en électronique, où le contenu du message doit être précédé d’une procédure explicite et formelle de connexion, faute de quoi le message se perd. La connexion c’est “Paulette ? - oui ?” ; et dans le parler quotidien, cette connexion, ténue certes, moins explicite, prend la forme du sujet : “Les fourchettes” : oui ? et puis ? les fourchettes ? qu’as-tu avec les fourchettes ? … “elles sont dans le tiroir”.

Voilà. Autre exemple, “hier il a pas plu, il a plu”. Oh, il a plu ou il a pas plu ? il a énormément plu, et ça m’a déplu, et d’ailleurs ça me déprime. Vivement qu’il plaise, qu’il fasse beau. Mon papa il est parti, mais demain il fera beau.

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(*) Selon mon dico, “La tournure est un vêtement de dessous ayant existé d’environ 1860 à 1900 ; elle est souvent considérée comme une évolution de la crinoline. Comme cette dernière, elle est placée sous le jupon, attachée juste en-dessous de la taille, et soutient l’ensemble des jupons…“. Un faux-cul, quoi !

Le tolc

Wednesday, June 4th, 2008

On est branché, on est trendy, au Figarôt. On tolque- Je tolque, tu tolques… (verbe du premier groupe, sinon ça devient trop hard) . Ce soir avec Devedjian, c’est le tolc.

J’avais proposé, dans un précédent billet, de donner à cette horreur de “talk-show” un équivalent en béret-baguette de pain sous le bras-camembert sur l’oreille ; il s’agissait de télébavette ou téléparlotte. Ici c’est manifestement de la radio, donc si “télé” reste juste (on est à distance, eh les mecs, donc oui, “télé”, je persiste), il est juste certes mais peu approprié en l’espèce. Donc…

Ce soir, radiobavette : Posez vos questions à Patrick Devedjian“.

Ca vous a quand même un peu plus d’allure.

Faut faire le boulot des scribouilleux, maintenant. Savent plus aligner 3 mots de chez nous.

La loi la plus conne de tout l’Ouest

Tuesday, May 20th, 2008

Le Figarôt de ce matin enfonce - ici je plagie un autre canard, LE Canard couin-couin, le vrai, qui j’espère ne m’en voudra pas - le mur du çon : accompagnant la photo de M. Devedjian, secrétaire général de l’UMP, ce texte, je cite :

“Le secrétaire général de l’UMP souhaite que la durée légale du travail soit fixée entreprise par entreprise”

Vous voyez d’ici le texte de loi :

“Pour les Aciéries de Haute-Beauce à Combray (27), 35 heures et trente minutes”

Pour la Biscuiterie Haulait à Dache (97), 36 heures et 20 minutes”

Pour le salon de massage thaïlandais Body-Chocho à Craponne sur Arzon (43), 45 heures”

(…) longue, très très longue liste d’entreprises…

Bien évidemment, la moindre création ou suppression d’entreprise donnerait lieu, au Journal Officiel, à une rectification, amendement, du style “Vu … Vu … Attendu que … Attendu que… décrète … au paragraphe 37 B alinéa 412 la phrase “Bzzzzz” est remplacée par “Cxxxxkskskks”. Simple, non ?

Bon, bien entendu, M. Devedjian aurait pu souhaiter, en revanche, que “la durée légale du travail fasse place à une durée normale définie entreprise par entreprise”, ou que “la durée légale du travail soit définie comme étant au libre choix de chaque entreprise”, ou toute autre formule stipulant, en fait, que la durée légale du travail, il n’y en a plus, vu que chaque boîte en décide seule.

Pourquoi pas, après tout ? espérons toutefois que M. Devedjian proposera un texte de loi stipulant que “la durée maximale hebdomadaire du travail est fixée à … heures”. Ce serait un garde-fou utile, par les temps qui courent.

Cost + price = discount

Tuesday, May 6th, 2008

Lisant la presse économique, les nouvelles du jour etc… par exemple “General Motors lance une voiture low-cost“, on s’aperçoit qu’en matière de prix bas - ou réputés tels - deux formules étrangères ont pignon sur rue, nous ont bouffé notre langue, ont fait leur anglais trou : “low cost” et “hard discount“.

Locoste, c’est audible, quoiqu’en bégayant ça donne lolocoste, aïe aïe aïe !! à éviter donc. mais harddiscount, alors là c’est infect. Il nous faut des formules plus douces à nos oreilles, et disons-le, de notre langue. Halte au rosbif !

halte au rosbif, certes, mais hélas, si “rabais dur” est viable, audible, voire rigolo car contractable (”Lidl, votre magasin rabédur”), “coût bas” et “bas coût” sont peu recommandables. D’autant que “coût bas” ne décrit que très imparfaitement de quoi il s’agit : en fait, peut-être les coûts sont-ils bas, mais ce qui compte, ce sont les prix ; on n’a jamais vu Ryanair, Logan, Easyjet… communiquer sur leurs coûts, mais sur leurs prix.

Ainsi, vu du côté du consommateur, alias le client, “coût bas” et “rabais dur” ne sont que deux signifiants pour un même signifié : des prix significativement bas. Au regard de quel standard ? des prix pratiqués généralement ailleurs, que ce soit pour les voitures, les transports aériens, la grande distribution.

Bon, brisons là, restons-en là : qui dit mieux que rabédur, ou durabé ? concours de signifiants, à vos plumes.

Salmigondis de premier Mai sauce métaplasme

Thursday, May 1st, 2008

Il est des jours où le “tartare” descend du “barbare”, où par métaplasme puis métonymie (beurk ! ) la viande hachée crue, assaisonnée de frites plus ou moins “maison” se substitue aux hordes d’Asie centrale déferlant sur leurs canassons et sur la steppe, un steak (de ch’val) sous la selle pour l’attendrir (le steak, pas la selle). Reportez vous à cet appétissant article du Monde, lequel vous apprendra qu’il reste à peine 20 boucheries de ch’val à Paris, ce dont je me contrefous, n’y séjournant pas.

Mais nous apprenons également, sidérés, qu’en France les enseignants-chercheurs (croisement improbable façon poisson-bicyclette) se recrutent essentiellement par cooptation locale : on a 18 fois plus de chance de se retrouver encherchant-saigneur dans une fac’ si l’on y a préparé sa thèse, que si l’on vient d’ailleurs. Vous savez déjà ce que je pense de la fumisterie des enseignants-chercheurs (voir mon blog, archives) ; eh bien ça ne s’améliore pas avec la confirmation de ces pratiques de copinage : la compétence passe, semble-t-il, largement après les intérêts de voisinage.

Et pour clore ce vaste tour d’horizon du Muguet’s Day, le Figarôt nous régale d’une bonne nouvelle : on se bat, quelque part au parlement ou ailleurs, oui on se bat pour que les bonnes vieilles plaques minéralogiques soient conservées - car le gouvernement, sans vergogne, voulait que désormais et dès janvier 2009, les “Parigots-têtes de veaux”, les “9-cube”, les “tiens, un 03, encore un bouseux de l’Allier” puissent circuler incognito derrière un quelconque “FDR492B” , nous privant du même mauvais coup de la grande joie des insultes “racistes”, des excuses façon “je m’en fous, vous voyez bien que je suis pas d’ici” et des concours chers à mon enfance, qui meublaient les longues heures de bagnole : qui qui serait le premier à décrypter la plaque minéralogique de la bagnole qu’on venait de croiser ? j’en ai gardé une solide culture du style “61 ? l’Orne” ; mais de nos jours, les écoliers ne savent plus ce genre de choses - d’ailleurs savent-ils seulement lire les plaques minéralogiques ? - et ce mauvais projet gouvernemental n’a pour but, si ça se trouve, que de nous cacher cette ignorance crasse.

Ces chères petites têtes blondes

Sunday, April 20th, 2008

Je traversais une esplanade bétonnée et grisâtre avec ma louloute ; vacances scolaires débutantes, la marmaille traînait dans les rues, et nous avons pu observer le manège de 4 “jeunes” dont l’un, plus petit, se faisait sadiser, rudoyer, par l’un des grands, les 2 derniers commentant paisiblement la scène. Age ? dans les 13-14 ans, sans doute des 4ème. L’un des “arbitres”, à haute et intelligible voix : “… pas tirer ta mère !”.

Intéressante perspective, pour un jeune ado, que de “tirer sa mère” ! Oedipe bien tardif, autant qu’inceste abominable entre tous. De simples mots ? sans doute, mais pourquoi ces mots de sexe mécanique ? tant pis encore une fois pour les femmes, simples trous à boucher, même “sa mère”.

Tiens, pour vous remonter le moral : cet article assez éloquent sur la révolte sage d’élèves du 9-3, qui écrivent pour crier “au secours, Monsieur l’Inspecteur d’Académie, on ne peut pas bosser dans vos boîtes, faites quelque chose ! “. L’Inspecteur en question n’y peut rien, bien évidemment : ce n’est pas avec 2 vigiles de plus qu’on va résoudre la question.

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Au passage, les missives à Monsieur l’Inspecteur réclament des moyens, plus de moyens… consternante rengaine : des moyens, il n’y en a pas, et il y en a de moins en moins. C’est une époque de serrage de ceinture ; on a eu les 30 glorieuses, nous entrons dans les 10, 15… pouilleuses. D’ailleurs, les écoles privées, avec les mêmes moyens, ne connaissent pas cette atmosphère de guerre civile. Redisons-le donc : il est des pays où l’enseignant, devant 40 gamins, parle dans un silence attentif et respectueux, et sans vigiles derrière la porte. Ce n’est donc pas une question de moyens. C’est une question de morale ambiante.

Areu areu…

Friday, April 11th, 2008

Un petit addendum… additif, quoi, mais autorisé, celui-là, pas cancérigène. Cette phrase pêchée au fil d’un article du Monde, par ailleurs fort intéressant, sur la manne de la Marne (le Champagne) :

Quant aux rares viticulteurs qui possèdent ou exploitent malgré tout quelques arrhes, ils viennent de Congy …

Bon, si c’est des arrhes, c’est récupérable, en surface du moins… ! tandis que si ç’avait été un empreint…

Madonna mal accordée

Sunday, April 6th, 2008

Le Figarôt du dimanche matin, tôt fait vite fait, ou était-ce hier soir tard ? n’est pas bien réveillé, ou l’usage du “copié-collé” a mal été compris, ou bien les journaleux figaraldiens spécialistes du “Pipeule” (c’est un terme de consonance ignoble, mais je trouve qu’il est assez approprié) sont fâchés avec l’orthographe.. péché véniel, de plus en plus, signe des temps… SMS, kes tu fé ? T ou la ?

Je cite l’accroche, la page d’accueil :

250 millions d’albums vendus ne l’ont pas rassasié.

(Je confirme : il s’agit de Madonna, pas de Johnny Halliday)

En revanche, quand on clique le mulot - à gauche, le mulot, à gauche) pour aller voir le croustillant article sur ladite Madonne, le texte devient :

250 millions d’albums vendus n’ont pas rassasié Madonna…

Braves gens, Madonna étant jusqu’à plus ample informé une nana, l’une des formules comporte une erreur d’accord. D’accord ? eh bien, si vous avez trouvé, téléphonez moi, vous avez gagné !

Appelez le 08 20 nn pp qq (34 centimes d’euro la minute, et c’est pas cher) et, après la musique de Vivaldi (”Les 4 saisons” in-extenso, par les Solisti Veneti, d’ailleurs comme c’est du MP3 piraté ça ressemble à de la bouillie, mais ça permet de patienter) annoncez à l’opératrice (elle bosse à Dakar, ou à Dublin, ou à Tunis) votre choix :

1) “250 millions d’albums vendus ne l’ont pas rassasié”

2) “250 millions d’albums vendus n’ont pas rassasié Madonna”

Merci à vous, je vais me faire un peu de blé.