Archive for the ‘Culture’ Category

Hulk, beurk, heurk…

Friday, June 27th, 2008

Nous fûmes (non je ne fume pas, nous fûmes) un temps en Suède, dont le Sud ressemble, climatiquement et paysagiquement à la Bretagne Nord : le matin il fait beau jusqu’à 9h30, après c’est le n’importe quoi, et notamment le vent et la pluie. Et le froid, par la même occasion.

Mais là n’est pas mon propos ; je traite là de cinéma. Ayant quelque peu écumé les villes moyennes du sud de la Suède, nous avons constaté que les cinémas passent en ce moment deux films ; pas trois, deux :

- Sex and the city (en français, “Sex and the city”)

- The incredible Hulk (en français, “l’incroyable Hulk”)

Et rien d’autre. On peut crever la gueule ouverte, l’usine Hollywood, le rouleau-compresseur amerloc, l’égalisateur culturel est en route et nous écrabouillera tous.

Un article du Monde de ce soir jette un regard effrayé sur la chose : les petits cinoches qui programment des trucs intelligents, pas toujours réussis, rarement populaires, mais en tous cas pas sortis du moule Hollywoodien, et souvent chouettes, les petits cinoches vont tous crever, parce que la télé et les DVD d’une part, les cinés façon “Sex and the City” vont aplatir tout ça.

J’ai vu dernièrement “Lemon tree” - “Les citronniers”, beau film israélo-palestinien au ciné Art Et Essai de chez moi ; on était bien 12 dans la salle. Eh bien les Suédois de Scanie n’y auront pas droit; tout simplement parce qu’en matière de cinoche c’est menu unique, et qu’ils vont bouffer leur dose obligatoire de Sex and the City.

Au secours donc, les borborygmes de mon titre ne traduisent ici que ma détresse : planquons urgemment nos Visconti, nos Godard, nos Hawks, nos Renoir derrière nos piles de maillots de corps dans nos armoires, et regardons-les en cachette, au nez et à la barbe de nos grands égalisateurs culturels. Farenheit 451 n’est pas si loin ; ça ne traitait que de livres, mais qui lit désormais ? De nos jours c’est Farenheit 451 sur les films, avec une pincée du Meilleur des Mondes, un zeste de lénifiant et une grosse rasade de Pensée Unique.

La gran (Bonux) de vadr (Coca-cola) ouille !

Monday, June 2nd, 2008

On a des attentions pour les vieillards prostatiques (les mâles, du moins) chez les amuseurs de la télé : bientôt nous aurons droit à DEUX coupures dans les films pour aller pisser, du moins sur les chaînes privées, qui ainsi vont pouvoir se refaire, reprendre un peu de gras, augmenter leurs recettes, distribuer des dividendes décents à leurs chers actionnaires, les pôvres.

D’autant plus que les chaînes publiques, elles, plus rien, zéro réclame, ce qui personnellement ne me chagrine pas du tout du tout. Enfin… zéro réclame, faut relativiser, car dans chaque film récent - Bergman et Lubitsch s’en foutaient - les “accessoires” ne sont pas là par hasard, et si le jeune cadre dynamique roule en Volvo et boit de la Leffe, ou consulte l’heure à sa montre Reverso (c.f. le tout récent “Deux jours à tuer”), et si l’héroïne se parfume au Versace, c’est rarement par hasard. Mais bon, pour les films sur les chaînes publiques : allez pisser et faire vos provisions de bière avant que le film commence, à moins que vous ne le connaissiez par coeur, ce qui est bien possible, si l’on vous balance la 273ème de Rabbi Jacob.

Tandis que chez TF1 et M6, notamment, alors là, 2 coupures : les cinéphiles vont s’étrangler. Déjà que l’unique coupure était odieuse, alors 2 ! Imaginez “Psychose” avec ses 2 coupures, le suspense torride entrelardé 2 fois de Renot-Galcon-Vieux popes-Tampacs-Pepsibémol-Bêle des champs-et vous en louperez plein car vous en profiterez (*) pour aller pisser, boire un coup, ranger la vaisselle, consulter votre messagerie.

Mais les cinéphiles ne s’étrangleront pas. Au vu des programmations de films sur ces 2 chaînes, peu de risques que les cinéphiles s’y collent.

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(*) sans oublier de baisser le son quand la pub’ déferle ! ma parole, ils nous croient sourds, ou quoi ?

Virginité de l’ingénieur

Thursday, May 29th, 2008

Une illustration de ce que produit un préjugé ridicule (qui vous coûte cher, comme disait la réclame de la margarine Astra dans les années 50) : un mariage civil a été cassé car l’époux tout neuf, ingénieur de profession, a constaté au soir de ses noces (l’histoire ne dit pas comment) que sa jeune et tendre n’était pas vierge. Horreur, scandale, honte sur la famille, etc. Et un tribunal bien de chez nous pour annuler le mariage, car en l’occurrence la femme a menti ! L’ingénieur a en quelque sorte été trompé sur la “marchandise”.

Je ne sais pas ce qu’il faut le plus déplorer, l’arriération culturelle et le machisme, ou la bienveillance de la Justice à l’égard de ces requêtes moyenageuses. Il est évident que la jeune épouse a menti par peur (peur de son mari !!), qu’elle n’a peut-être pas eu les fonds pour se faire faire une “broderie” (se faire refaire l’hymen), ou pas trouvé la filière médicale ad hoc ; il est probable ainsi que l’époux a cruellement été décu, privé qu’il était de sa séance de défloration.

Mais quel mariage mal barré ! où est l’amour là-dedans ? la connivence, la confiance, le respect mutuel ? L’intégrité de la membrane compte plus que l’être humain ? voilà qui nous renvoie au sinistre “MSP” de Fourniret, pour qui toute femme est une “Membrane Sur Pattes” ; autant dire que sans sa membrane, ça n’existe plus !!

Au fait, monsieur l’ingénieur, il était vierge, lui ?

Oh ! sous son crâne jaune, quels délires d’avare !

Tuesday, May 27th, 2008

C’est du Rimbaud.

Il n’a pas pu s’empêcher, l’Arthur, de farcir sa prose de chouettes alexandrins, et que ce soit sur Otto von Bismark et la guerre de 1870 n’y change rien.

Ce texte déniché il y a quelques jours chez un bouquiniste ardennais, texte paru il y a 138 ans dans un éphémère petit canard, le “Progrès des Ardennes”, ce texte, dis-je, osé-je, avancé-je, estimé-je… voyons-voir, où en été-je ? ah oui, ce texte sonne bien comme de l’Arthur ! On y trouve des échos des “Assis”, ils sont là, tous vieux Bismark, “Noirs de loupe, grêlés, les yeux cerclés de bagues vertes…” ; le souffle est le même.

Ouvrant lentement leurs omoplates, ô rage !
Tout leur pantalon bouffe à leurs reins boursouflés.

Et donc, soit le découvreur du canard et de son article rimbaldien est un excellent bricoleur littéraire, faiseur de scoupes lettrés, et c’est quand même assez réussi, soit c’est bien une petite trouvaille que cet article d’un pigiste de 16 ans prétendûment nommé Jean Baudry, alias Rimbaud le poète le plus aimé malgré - et à cause de - sa fin calamiteuse en revendeur de caisses de fusils, cabotant au long des côtes orientales de l’Afwouique.

Ca vous a quand une autre gueule que du texto, non ?

Salmigondis de premier Mai sauce métaplasme

Thursday, May 1st, 2008

Il est des jours où le “tartare” descend du “barbare”, où par métaplasme puis métonymie (beurk ! ) la viande hachée crue, assaisonnée de frites plus ou moins “maison” se substitue aux hordes d’Asie centrale déferlant sur leurs canassons et sur la steppe, un steak (de ch’val) sous la selle pour l’attendrir (le steak, pas la selle). Reportez vous à cet appétissant article du Monde, lequel vous apprendra qu’il reste à peine 20 boucheries de ch’val à Paris, ce dont je me contrefous, n’y séjournant pas.

Mais nous apprenons également, sidérés, qu’en France les enseignants-chercheurs (croisement improbable façon poisson-bicyclette) se recrutent essentiellement par cooptation locale : on a 18 fois plus de chance de se retrouver encherchant-saigneur dans une fac’ si l’on y a préparé sa thèse, que si l’on vient d’ailleurs. Vous savez déjà ce que je pense de la fumisterie des enseignants-chercheurs (voir mon blog, archives) ; eh bien ça ne s’améliore pas avec la confirmation de ces pratiques de copinage : la compétence passe, semble-t-il, largement après les intérêts de voisinage.

Et pour clore ce vaste tour d’horizon du Muguet’s Day, le Figarôt nous régale d’une bonne nouvelle : on se bat, quelque part au parlement ou ailleurs, oui on se bat pour que les bonnes vieilles plaques minéralogiques soient conservées - car le gouvernement, sans vergogne, voulait que désormais et dès janvier 2009, les “Parigots-têtes de veaux”, les “9-cube”, les “tiens, un 03, encore un bouseux de l’Allier” puissent circuler incognito derrière un quelconque “FDR492B” , nous privant du même mauvais coup de la grande joie des insultes “racistes”, des excuses façon “je m’en fous, vous voyez bien que je suis pas d’ici” et des concours chers à mon enfance, qui meublaient les longues heures de bagnole : qui qui serait le premier à décrypter la plaque minéralogique de la bagnole qu’on venait de croiser ? j’en ai gardé une solide culture du style “61 ? l’Orne” ; mais de nos jours, les écoliers ne savent plus ce genre de choses - d’ailleurs savent-ils seulement lire les plaques minéralogiques ? - et ce mauvais projet gouvernemental n’a pour but, si ça se trouve, que de nous cacher cette ignorance crasse.

Charles est bien mort

Tuesday, April 22nd, 2008

Cinoche, huitième art : parmi les oeuvres que j’affectionne tout particulièrement, il est des classiques comme Amarcord, La grande bouffe, Casque d’or… que j’ai pu voir et revoir à satiété ; un jour sans doute, quand tous les Mickeys auront été réédités en Haute-définition, les Studios Duschmoll nous les sortiront en copie neuve relookée et en DVD-blueray, mais je m’en fous… et d’autres qui m’ont laissé des souvenirs éblouis, mais devenus introuvables, perdus désormais dans l’anonymat des pellicules quelconques. Par exemple Bof ou l’anatomie d’un livreur, de Faraldo, Confidences pour confidences, de Thomas, Charles mort ou vif, de Tanner.

Charles mort ou vif : le DVD figurait - faisait de la figuration - dans les rayons, à la médiathèque de ma ville ! je me suis empressé de le réserver, et me suis organisé une séance cinoche du soir : disons qu’il a fallu 2 séances pour en venir à bout ; ayant calé 20 minutes avant la fin pour cause de fatigue extrême, je me suis attaqué le lendemain au morceau restant, tel Sir Edmund Hillary donnant l’assaut à l’Everest depuis le camp IV.

C’est avec tristesse que j’ai constaté combien ce qui m’avait ému, exalté, subverti lors de ma première vision de cette oeuvre m’a paru niais, faux, artificiel, ridicule pour tout dire. Les thèmes post-soixante-huitards étalés sans aucun recul, les maximes du style “soyez réalistes, demandez l’impossible“, les babas barbouilleurs et bohèmes qui balancent les voitures à la benne, s’organisent en communauté idyllique… le libéralisme sexuel, tiens comment tu trouves ma femme, elle t’aime bien tu sais… tous ces thèmes de rupture qui avaient trouvé en moi des résonances profondes m’ont laissé sceptique, froid, critique.

Quelque chose est bien mort quelque part ; et le plus triste, c’est que je ne sais pas si c’est du côté de Charles que c’est mort, ou du mien. Ou des deux.

Ces chères petites têtes blondes

Sunday, April 20th, 2008

Je traversais une esplanade bétonnée et grisâtre avec ma louloute ; vacances scolaires débutantes, la marmaille traînait dans les rues, et nous avons pu observer le manège de 4 “jeunes” dont l’un, plus petit, se faisait sadiser, rudoyer, par l’un des grands, les 2 derniers commentant paisiblement la scène. Age ? dans les 13-14 ans, sans doute des 4ème. L’un des “arbitres”, à haute et intelligible voix : “… pas tirer ta mère !”.

Intéressante perspective, pour un jeune ado, que de “tirer sa mère” ! Oedipe bien tardif, autant qu’inceste abominable entre tous. De simples mots ? sans doute, mais pourquoi ces mots de sexe mécanique ? tant pis encore une fois pour les femmes, simples trous à boucher, même “sa mère”.

Tiens, pour vous remonter le moral : cet article assez éloquent sur la révolte sage d’élèves du 9-3, qui écrivent pour crier “au secours, Monsieur l’Inspecteur d’Académie, on ne peut pas bosser dans vos boîtes, faites quelque chose ! “. L’Inspecteur en question n’y peut rien, bien évidemment : ce n’est pas avec 2 vigiles de plus qu’on va résoudre la question.

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Au passage, les missives à Monsieur l’Inspecteur réclament des moyens, plus de moyens… consternante rengaine : des moyens, il n’y en a pas, et il y en a de moins en moins. C’est une époque de serrage de ceinture ; on a eu les 30 glorieuses, nous entrons dans les 10, 15… pouilleuses. D’ailleurs, les écoles privées, avec les mêmes moyens, ne connaissent pas cette atmosphère de guerre civile. Redisons-le donc : il est des pays où l’enseignant, devant 40 gamins, parle dans un silence attentif et respectueux, et sans vigiles derrière la porte. Ce n’est donc pas une question de moyens. C’est une question de morale ambiante.

Monte, flamme légère…

Friday, April 11th, 2008

Tout immatériels qu’ils soient, les symboles meurent aussi. Non de leur propre initiative (d’ailleurs, si ça ne tenait qu’à moi, de ma propre initiative… je passerais bien mon tour) mais simplement parce que ce qu’ils incarnent a fait son temps. Si CL, le symbole du chlore, est aussi immortel que son patron, il n’en va pas de même des symboles créés de toutes pièces par les humains : ils finissent tous à la trappe.

Bon, après ce préambule ampoulé et vaseux, je vous parlerai des symboles olympiques : les anneaux, la flamme. Quoi d’autre ? rien, on a fait le tour des symboles olympiques.

Les anneaux ont été biaisés, pervertis en menottes. Et puis ça rappelle furieusement une marque de bagnoles. Encore une pub’ déguisée, quoi…
La flamme, olympique elle aussi, prend le bus, le bateau, l’avion… disparait, réapparait, s’éteint, se rallume, quand et comme les sportifs et musclés gardes du corps chinois en survet’s bleu céleste le décident, que ce soit à Paris ou San Francisco. C’est du n’importe quoi, ça tourne à la guignolade ; et quand les symboles font ricaner, on peut les jeter aux orties, c’est qu’ils ont fait leur temps.

Disons-le tout net : les Jeux Olympiques, ça a peut-être eu de la gueule dans les temps anciens, mais on n’y était pas. Ca a sûrement eu de la gueule dans les premières moutures, et on a pu se réjouir de voir Hitler maronner à cause de la supériorité d’un sprinter noir, et du fait que même les pays modestes ont le droit d’y envoyer des sportifs méritants, quitte à ce qu’ils fassent juste un sympatique petit tour.

Mais c’est juste une grosse foire maintenant. Horriblement coûteuse, bidon, complaisante, dopée. Ridiculisée par les nageuses Est-Allemandes moustachues, les sprinters bodybuildés aux anabolisants, les sponsors tous plus envahissants les uns que les autres. Et dangereuse en plus, depuis que des fadas ont entrepris d’y semer la mort, comme à Munich ou Los Angeles.

Personnellement, je me suis réjoui que Paris se soit fait recaler pour accueillir les prochains JO : pas mal de soucis, d’argent et d’emmerdements épargnés. Et puis, si j’étais le maire de Londres, future capitale de ce sport-foire, je dirais stop, on passe notre tour, et puis si on arrêtait ce cirque ? ça a été beau, mais ça ne l’est plus.

Ingénieurs sur les rouli-roulants

Friday, March 21st, 2008

Une sympatique école d’ingénieurs a tenté de vérifier le niveau de Francais des étudiants, ce qui s’est curieusement traduit par une dictée “pivotesque” battant le rappel des rhizomes et des Algonquins, en passant par les rouli-roulants.

Tentative symptomatique d’une mauvaise perception de ce qui fait le propre du scientifique : savoir orthographier correctement sarracénie relève certainement d’une forte culture, et tant mieux si notre scientifique, donc, ne confond pas cette plante herbacée carnivore avec un ustensile de cuisine, mais savoir exposer des faits, argumenter, résumer… le tout dans une langue claire, concise et propre me semble nettement plus important. L’exercice de résumé qui était imposé - de mon temps - au concours d’entrée de certaines Grandes Ecoles me semble nettement plus adapté à l’évaluation de telles aptitudes. Un texte de plus d’une page au départ, 250 mots maxi pour résultat, en bon Francais avec une cédille, et sans style SMS (télégraphique, disions-nous) : je parie que c’est un meilleur test que les rouli-roulants, dont j’ignore toujours la signification, à l’heure où je mets sous presse.

Reste, et c’est là que le bat (avec un accent circonflexe) blesse : la correction de ce genre d’exercice demande nettement plus de jugeotte que la simple vérification d’une orthographe conforme au modèle !

Casse-toi, casse-toi, pauvre Oscar !

Monday, February 25th, 2008

Il est de ces tartes à la crème meringuées, de ces pièces montées ruisselantes de crème patissière et de caramel que, malgré toutes vos préventions, vos réticences, votre conscience d’agir en gogo, vous ne pouvez vous empêcher de goûter, ne serait-ce que des yeux. Ainsi des Césars et Oscars - Molières, Victoires etc… - lointains cousins un peu ridicules, vieillots, pitoyables mais attendrissants.

D’abord il y a “nominé” !! ah, nominé… stupide, moche et vaguement porno. J’ai glosé en son temps sur le terme, n’y revenons pas, ce serait lourd. Et puis les bons mots de Monsieur Loyal, les larmes de ces dames, les “Je remercie l’équipe technique, sans qui…”, “Je dédie cet Oscar (ce César, ce Molière…) à untel, sans qui…”. Bref, ces embrassades de toute la profession, du sérail, des Happy Few - mecs fringués en tristes pingouins obligatoires, nanas en tout ce qu’on voudra, waaaouw, quel décolleté, pourvu qu’on les remarque - sont revenues, telles les cigognes en Alsace, et on nous en tartine plein les pages Web.

Disons-le tout net : qu’une actrice française, 50 ans environ après Simone Signoret pour un opus obscur et vite oublié, ait obtenu un Oscar de premier plan, on s’en bat l’oeil joyeusement. Soyons clairs : à l’aune de la qualité des productions cinématographiques états-uniennes, ne pas être primé relève du normal, voire du souhaitable ! Je ne sais plus quel homme illustre déclarait : “Quand mes adversaires applaudissent, je me demande quelle connerie j’ai bien pu dire.” Eh bien, grosso modo c’est ça… ne sont pas en cause les compétences professionnelles des industriels du cinéma amerloque ; non, ils sont absolument excellents, très pros, etc. C’est justement que ce sont des industriels, là où l’art (le 7ème, dit-on) exigerait une autre approche.

Bref, ça aidera les producteurs de “La môme” à rentrer dans leurs sous, c’est toujours ça de gagné.

Mais vous attendiez peut-être de ma part un commentaire sur “casse-toi, casse-toi, pauvre con” ? Vous allez être déçus.

Un, c’est indigne d’un Président de s’exprimer comme ça, cet homme qui est supposé incarner blablabla…

Deux, le type qui d’emblée le tutoie et lui balance une insulte est d’une grossièreté inacceptable ; un doigt d’honneur n’eût pas été plus ignoble.

Trois, un homme bassement insulté qui réplique, c’est humain, normal. Notre Président a la réplique verte et facile ? eh bien ça change des cadavres grisâtres que nous avons pu connaître auparavant.

Quatre, j’admire la manière dont la réplique est partie, calme, souriante, lisse : quasi un aparté dans la foule.

Cinq, il y avait bien évidemment les Grandes Zoreilles de la presse pour faire monter la mayo. Eh bien, elle est réussie, la mayo. Vous êtes contents, ça mousse bien ?