Archive for the ‘Consommation’ Category

Comment dit-on “silence” en flamand ?

Sunday, May 29th, 2011

Bonne nouvelle, la direction du métro bruxellois a décidé, une fois, de ne diffuser désormais en “musique” de fond aucune chanson en flamand ou en français. On en devine aisément la raison : il y a toujours des imbéciles de francophones qu’une chanson en flamand indispose, et symétriquement du côté des flamingants.

C’est malheureusement une demi-bonne nouvelle : si la zizique de métro s’arrêtait pendant les chansons censurées, si au lieu de “Le plat pays qui est le mien” on avait droit au silence, ce serait magnifique ! mais hélas la stupidité humaine étant redoutable, on aura remplacé les “blancs” sonores par d’autres chansonnettes en anglais, le plus probablement, ou en chinois, russe, ouzbèque, javanais et j’en passe.

La vraie bonne nouvelle, ce serait que les usagers du métro bruxellois se rebiffent à l’écoute de toute musique de fond, quelle qu’elle soit ! car d’une part, c’est extrêmement pénible de subir une musique qu’on n’a pas choisie, d’autre part on a droit au silence, au SILENCE, vous comprenez ? le bienheureux silence. Ce devrait être la rubrique numéro un des Droits de l’Homme : “Personne ne peut vous imposer son bruit”. A une époque où l’on punit très sévèrement celui qui impose une fellation à une femme de chambre, pourquoi laisse-t-on  impuni ce viol de nos oreilles ? je vous pose la question.

Et, tenez : métro, ascenseurs, galeries commerçantes, magasins de fringues ou de godasses, restos et bistrots… tous tant qu’ils sont avec leur zizique… vous entrez, vous trouvez la sono dans le coin à gauche derrière le rideau, vous arrachez la prise : qu’est-ce que ça fait du bien !

Tibert

Orange, oh désespoir…

Tuesday, May 24th, 2011

C’est un hameau perché dans la montagne – vosgienne, jurassienne, auvergnate, que sais-je, et qu’importe ? Mais une montagne à paysans et à bois, à tracteurs 4 x 4 et grumiers – grumiers ? keskecé ? Des camions qui transportent de longs troncs d’arbres, de sapins en l’occurrence, des « grumes », quoi ! D’énormes grumiers hurlants et ravageurs, qui prennent les virages sur les départementales étroites en vous invitant à garer votre pauvre bagnole dans le fossé, et qui, vu la hauteur des empilages, passent comme ils peuvent sous les obstacles.

Tiens, un obstacle, oh trois fois rien : un câble de téléphone qui longeait un virage a morflé, il pendouille maintenant, le conducteur n’a peut-être même pas senti la rupture, et puis zut, ces bouzeux ont des « portables » (des mobiles), pas vrai ? Allez hop, on continue, on n’a rien vu.

Sauf que ledit câble, c’est le « 28 paires » qui alimente tout le hameau en téléphone – à 98 % des « Orange », et quelques hérétiques de Free ou 9Telecom. Sauf que ce hameau compte plein de vieux qui n’ont pas de mobile, trop compliqué, et puis les mobiles, ici, ça passe quand ça veut ! Au fond du jardin, sur un escabeau au grenier, peut-être… bref le hameau est coupé du monde, et l’on est vendredi matin.

Un débrouillard muni d’un mobile appelle Orange vendredi après-midi… on prend bonne note, on s’en occupe !

Vendredi soir… rien.

Samedi… rien.

Dimanche… rien.

Dimanche soir, un autre débrouillard – bibi – prend son mobile et appelle. Appel gratuit depuis une ligne fixe Orange (quand elle est en panne, allez chez le voisin, sinon au village à côté, sinon… payez !). Une voix synthétique – après de laborieux et coûteux préliminaires : « cet appel est gratuit gnagnagna », « cet appel sera enregistré blablabla », « bienvenue chez Dugenou bllbllbll » – m’invite à épeler le numéro de téléphone, puis à taper sur la touche Machin pour le choix que je veux faire. Ayant fait mon choix, je suis ensuite invité à énoncer clairement la cause de mon appel, par exemple, dit le monsieur synthétique, « Je n’ai pas la tonalité ».

Moi, bête et discipliné : « Je-n’ai-pas-la-tonalité » (et en plus, c’est vrai).

Lui : « Nous avons compris que vous n’avez pas la tonalité (putain, ils sont bons !). Nous vous mettons en relation avec un conseiller ».

Le conseiller est une conseillère, aimable au début. Puis ça s’envenime, car le cas « personne au hameau n’a la tonalité » ne figure pas au scénario. Moi, monsieur Schmolldu, ça se peut, mais « tout le hameau » ?? pas prévu. Connais pas. Et puis on est dimanche, pas de dépannage. A partir de lundi. On n’a pas le même statut que EDF, nous, ah non, on ne dépanne pas le week-end.

Ah bon… adieu, Service Public du téléphone… on se demande d’ailleurs – et je vous le demande – pourquoi il y a une permanence de dépannage le week-end, vu qu’on ne dépanne pas. Mais bon… nous restera à réclamer à tout hasard une improbable remise sur la prochaine facture, téléphone et internet.

Lundi 11 heures : une camionnette « Orange » se pointe. Etonnement du monsieur de la camionnette devant le câble qui pendouille : « Ah mais c’est tout le village alors ? ». Manifestement il est venu, comme on dit dans le jargon de ma profession, « avec une bite et un couteau », et n’a donc pas le matériel pour réparer. Cet après-midi, pas de problème, ils viendront réparer !

L’après-midi : rien. Non, ils ne sont pas un Service Public, et puis ils ont des horaires harassants.

Mardi, peut-être ? Un courageux a prévenu la mairie, qui n’était pas au courant, et qui d’ailleurs n’y peut rien. Et puis on a hurlé lundi soir dans le mobile pour essayer de décrasser les oreilles du dépannage. Qui sait ? en brûlant un cierge ? au lieu de se suicider en masse, s’ils venaient réparer le 28 paires du hameau ? on leur payerait même un coup.

Mardi 14 h 30 : alleluïa, louons le Seigneur. Ils sont là, ils mettent un câble neuf, ça marche. Soit une « panne » de 4 jours pleins. Mais attention, c’est normal, ce n’est pas un service public, ne confondons pas. Le monopole du téléphone dans les zones non dégroupées ? c’est bien eux, ils l’ont, le monopole. Pas de concurrence, pas d’alternative : c’est France Telecom / Orange et personne d’autre (hélas).

Tibert

On nous (loge)ment !

Tuesday, April 26th, 2011

Ce n’est pas dans le cadre du feuilleton “Logement” que cet article paraît ; mais c’est un billet d’humeur, comme on dit, ça sort comme ça vient, et si c’est excessif, eh bien tant pis, on en sera quitte pour affronter les hordes de commentaires vindicatifs des lecteurs (et des lectrices itou).

La modernisation-mise aux normes des ascenseurs : tout d’abord, comment se fait-il qu’on tolère des immeubles sans ascenseurs, de nos jours ? De même qu’un ministère du logement devrait faire voter dare-dare une loi interdisant les plafonds sous 270 cm dans toute nouvelle construction collective, de même ledit ministère serait bien inspiré d’annoncer la démolition prochaine de tous les immeubles non dotés d’ascenseurs. Voilà qui assainirait le marché.

Et puis, les ascenseurs, parlons-en : il est des immeubles – parisiens, notamment – où l’étroitesse des cabines est telle qu’on ne peut s’y tenir à deux qu’embrassés, ou bite-à-cul, excusez l’expression. C’est sympa si vous tentez de séduire votre voisin(e)  d’ascension, mais si c’est le vieux du 5ème qui pue du bec… des ascenseurs pour limandes-soles, ou pour anorexiques, en somme.

Quant au marché super-juteux de cette mise aux normes d’ascenseurs, il se porte bien, merci, les syndics d’immeubles comptent leurs bénèfs avec jubilation, et les ascensoristes font des affaires. “Pour notre sécurité”, ça raque sec dans les copropriétés. Si l’on fait le parallèle avec la route, où en gros, bon jour-mal jour il meurt environ une douzaine de personnes, l’ascenseur est super-super sûr, vu qu’il en meurt environ trois fois moins… par an ! Il est de notoriéré publique que les seuls ascenseurs dangereux sont ceux qui sont vandalisés.

Il serait d’ailleurs intéressant que nos modernes philosophes à chemise blanche et col ouvert sans cravate ouvrent le débat sur le supposé besoin de sécurité. Les Socialistes au pouvoir avaient, en leur temps, inventé le brillant concept de “sentiment d’insécurité“. La petite mémé qui se fait arracher son sac à mains par deux courageux “djeunes” sur scooter trafiqué ressent un “sentiment d’insécurité”, de même que les pompiers appelés pour un feu de poubelles et caillassés depuis le haut des immeubles. La Chiraquie, et la Sarkozie dans la foulée, ont rapidement vu tout le parti qu’on pouvait tirer de ce concept, non en améliorant la sécurité… des personnes et des biens, besoin pourtant élémentaire et primordial, mais en améliorant les normes de sécurité (des bagnoles, des ascenseurs, des huisseries, des canalisations d’eau, des câblages électriques, des émanations d’amiante, de gaz de ville ou de radon… sans oublier le sentiment d’insécurité lié aux termites qui boulottent tout en silence et dans l’obscurité. Et vous savez quoi ? l’amélioration des normes de sécurité, ça rapporte ! pas en termes de diminution du sentiment d’insécurité, non, en termes de picaillons.

Bref cette époque soi-disant soucieuse de sécurité – oh combien ! me semble surtout soucieuse de faire des affaires. Quel est le prochain diagnostic obligatoire que l’on va nous infliger ? au lieu de raser les tas d’immeubles insalubres, mal foutus, branlants que le 19ème siècle nous a légués – et n’oublions pas ceux de la glorieuse époque des cages à lapins des années 60-70 – on préfère nous obliger à énumérer dans le cadre de diagnostics à rallonge les défectuosités de ces cauchemars d’architectes. Tenez, il manque le diagnostic du bruit, celui de la hauteur sous plafond (j’y tiens), celui du grincement des parquets, et je dois en oublier.

Pour finir, une anecdote… on sait que le marché parisien – pas que lui, d’ailleurs – est hyper-tendu, que les agences immobilières se crêpent le chignon pour arriver à toucher leurs petits 5-6 % sur des biens à plusieurs centaines de milliers d’Euros toujours aussi rares. Il est fréquent que des tas d’agences se disputent un même lot. Et vous savez quoi ? pour “plomber” la concurrence, certains négociateurs – c’est comme ça qu’on dit – sèment de ci de là des seringues apparemment usagées au fil des cages d’escalier. Ca fait tout de suite bonne impression lors des visites suivantes ! évidemment, ça ne marche pas du côté des Invalides ou de la rue de Varennes, mais aux Buttes-Chaumont, place des Fêtes, ça le fait. Sympa, non ?

Tibert

On est choyés

Tuesday, March 29th, 2011

On pense pour nous, on vient au devant de nos besoins, on nous dorlote. La vie devient de plus en plus paisible, sereine, sans stress ni nuisances : nous mourrons bientôt tous en bonne santé.

Tenez, d’ici quelques mois des motos banalisées équipées de radars vous “flasheront” à la volée sur la route, le jour où vous aurez oublié de river un oeil sur la route (des fois que…), un oeil sur les panneaux de signalisation – très importants, les panneaux – et un oeil sur le compteur de vitesse, le plus important de tout. Vous ne pourrez pas dire qu’on ne s’occupe pas de vous.

Tenez, moins de 4.000 tués sur les routes cette année, mais plus de 20.000 dans les accidents domestiques : c’est la prochaine campagne du gouvernement, le permis de bricoler “à points”, avec évidemment contraventions pour une mèche de perçeuse qui dérape, “prunes” pour les escabeaux mal calés, et stages payants pour le rattrapage de points.

Elle est pas belle, la vie ? le gaz va augmenter de 5,2 % au 1er avril, ce n’est pas un “poisson”, soit plus de 60 % d’augmentation depuis 2005. Sur le marché mondial c’est l’inverse, les prix baissent, mais vous, monsieur Dugenou, avec votre chaudière à gaz, vous avez accès au marché mondial du gaz, vous ? non ? vous vous fournissez chez GDF ? c’est surprenant… ou Antargaz ? Butagaz ? ne cherchez pas,il vous en reste 4 autres à citer, pas un de plus, c’est la “libre concurrence”, n’est-ce-pas.

Mais heureusement la municipalité parisienne, qui veille sur vous, chers lecteurs parisiens, et sur vos dépenses énergétiques, ainsi que sur le réchauffement climatique, la biodiversité, les micro-particules, la pollution sonore et j’en oublie, va bientôt interdire aux bistrotiers les chauffages de terrasses  au gaz (les “parapluies”). Les élus écolos en rêvaient, ça les fait marronner que l’on puisse avoir chaud dehors par temps froid, c’est une provocation, c’est contre nature, retour aux vraies valeurs : pull de grosse laine qui sent le suint, casquette fourrée (en fourrure synthétique, évidemment)  et couverture sur les genoux si vous voulez siroter votre cahoua à la terrasse – et en griller une, pour aggraver votre cas. Vous êtes fous ? inconscients ? vous coûtez cher à la collectivité, avec vos proches et probables cancers des poumons (mais combien coûte à la collectivité la survie de nonagénaires atteints de démence sénile et réduits à l’état de légumes, ça…).

La hausse du prix du gaz sera ainsi indolore pour les troquets parisiens, qui n’auront pas de raison d’en consommer : on veille sur nous ! et gageons que cet exemplaire initiative fera tâche d’huile dans les autres municipalités où s’ennuient des écologistes en mal de bonnes idées. Tenez, en voilà une ( bonne idée) : pourquoi ne pas interdire les chasses d’eau, qui sont des aberrations écologiques, et imposer les toilettes sèches, comme dans les parcs naturels aux USA ? gros potentiel pour la filière bois, qui comme chacun sait, est neutre, au plan du bilan carbone. La sciure de bois vendue chez Monop’ et Franprix par sacs de 1 ou 2 kilos, comme la farine… mais attention aux ententes illicites entre producteurs, il paraît que ça se fait.

Dans la farine, peut-être… mais pas dans le gaz, pensez-vous !

Tibert

82 % off ? vous aussi ?

Saturday, March 19th, 2011

Grande nouvelle, c’est la fin de semaine, et il pleut. On va dire que la loi de Murphy, alias “loi de l’emmerdement maximum” est en l’occurrence vérifiée ; sinon on aurait décrété que c’est l’exception qui confirme la règle. Comme ça c’est toujours  conforme aux dictons. D’ailleurs, c’est bien connu, “Qui à la St Joseph perd son fief, à la St Médard marche au radar !” .

Autre grande nouvelle, le réseau d’ordinateurs zombies “Rustock” a été détruit, ou du moins désactivé. Vous pourrez lire ça, et y découvrir que, si ça se trouve, votre propre bécane servait, à votre insu, à envoyer tous les jours, et plusieurs fois par jour, des tas de messages stupides, frauduleux, mensongers, inutiles, malfaisants, vicieux… à des tas de gens qui n’en avaient que foutre, par exemple toutes ces femmes à qui l’on vantait des offres commerciales pour du Viagra en solde, allant même jusqu’à des réductions ahurissantes, des 80 ou 82 %, n’importe quoi.

Ouvrant ma boîte à lettres électronique, ce matin, je n’y ai trouvé aucune offre de durcisseur de verge, ni de montres d’une grande marque commençant par R… à prix ridiculement bas, ni de diplômes ronflants sans les avoir mérités, bref : rien !! des messages sans intérêt, la SNCF qui veut m’envoyer ailleurs à mes frais, des marchands d’ordinateurs qui m’enjoignent de changer de machine pour la 425 ème fois en 6 mois, un fabricant de GPS qui a les mêmes exigences concernant ses productions… rien d’intéressant.

Au moins, avec les spams, on se marrait un peu. On m’a même, récemment, fait l’honneur d’une tentative d’arnaque à l’héritage, arnaque dite “africaine” – le fric du soi-disant héritier était censé se trouver au Togo, ou en Guinée, j’ai oublié. Le texte savoureux, l’absurdité confondante de cette salade supposée appâter le pigeon m’ont bien diverti pendant quelques minutes… bon, attendons de pied ferme la prochaine vague de spammeurs invasifs et illégaux ; qui sait ? 85 % off ? à ce tarif, j’achète !

Tibert

Fiat lux de luxe

Tuesday, February 1st, 2011

On peut le lire dans la livraison de ce jour du quotidien L’Hibernation : une abonnée EDF (comme quasiment nous tous) qui payait d’habitude 60 euros par mois s’est vue réclamer 88.242 euros. Et comme EDF est bonne fille, on lui a proposé de payer en 10 fois, on veut pas vous mettre sur la paille ma p’tite dame, mais faudrait voir à consommer plus raisonnablement. Cette pauvre femme qui a sûrement oublié de débrancher son fer à repasser, laissé le four allumé et la télé aussi, branché son aspirateur en même temps que son lave-linge etc… a tout de même eu le culot de protester, et voilà maintenant qu’elle attend des excuses (*) !

Mais comment a-t-elle fait, bon sang ?  88.242 euros… soit, si l’on prend le kilowatt-heure à 13 centimes, c’est bien payé, environ 678.700 kwh. Sachant que le compteur de la petite dame doit plafonner – 60 euros mensuels, c’est un petit abonnement – grand maximum à 12 kw, donc 60 ampères, en faisant tourner à donf’ son compteur 24/24, 7/7,  ça donne 56.500 heures de fonctionnement chauffé à blanc.

Un rapide calcul nous indique alors que Mme LaDépensière a grillé du kilowatt-heure à fond les manettes pendant 2.354 jours, soit 78 mois, ou encore environ 6 ans et demi. Ben dis-donc ils sont un peu lents à la détente chez EDF, la facturation suit pas, attendre plus de 6 ans pour réclamer une facture…

Tibert

(*) il paraît que le formulaire administratif  “Lettre d’excuses” n’existe pas chez EDF  ? eh bien c’est l’occasion de le créer.

Ville-musées

Wednesday, January 12th, 2011

On le sait, ça se dit volontiers dans les milieux bien introduits, les musées de Province sont ringards, pauvres, alignent trois croûtes miteuses et poussiéreuses sur leurs murs. Il n’est de musée que de Paris, très chère. Certes… mais voilà que le Monde, oui, Le Monde, le journal, se plaint que  (c’est le titre de l’article) “les musées de la capitale [ soient ] déconnectés de la vie parisienne” !   Et de se poser – et nous poser – gravement la question “Les musées de la ville de Paris sont-ils adaptés au mode de vie des Parisiens ? ” ah ah… horaires de rombières provinciales – 17 heures : “on feeerme ! “  – , pas de nocturnes sauf par ci par là de temps en temps, sans oublier les grè-grèves chroniques.

Notons toutefois qu’il est un domaine où les musées parisiens se montrent très très parisiens : on y fait la queue tout à loisir !! activité typiquement parigote de la queue : la queue chez le boulanger à 11h 45 – il n’est pas parisien du tout d’aller chercher sa baguette avant 11 heures – , la queue devant le distributeur de billets, devant le cinéma, la queue pour aller s’asseoir dans un resto, la queue pour sortir du métro, la queue aux guichets des musées, avant de se retrouver à une trentaine entassés devant chacun des objets exposés.

Disons-le : Paris monopolise abusivement les musées et leur contenu, au mépris de tout équilibre territorial. Chaque nouveau musée – les Arts Primitifs, la future Maison de l’Histoire – se doit, selon nos Maîtres, d’être situé à Paris ; pas à Lyon, ni à Grenoble, encore moins à Bordeaux, à Rennes… non, bien évidemment à Paris ! On peut certes déplorer que certains musées ne puissent tout simplement pas être parisiens ; par exemple, tenez, ce plouc d’Arthur (Rimbaud) a eu la mauvaise idée de naître et vivre à Charleville-Mézière :  forcément, sa maison natale… à Charleville, eh oui, que voulez-vous.

Bref, pour prolonger l’article du Monde, qui a de bien grosses oeillères : les musées parisiens ne sont pas, de facto, destinés aux seuls Parisiens, mais aussi bien, puisqu’on les y force, aux Provinciaux. Eh oui, il est des Provinciaux qui prennent le train pour aller voir des expos à Paris, le croiriez-vous ? car, contrairement aux chanteurs populaires qui font la tournée des métropoles provinciales, les expos parisiennes, elles, ne se déplacent pas. Remarquez, ça permet de goûter aux délices du métro et des queues très parisiennes, et de se faire jeter des musées à 17h 12.

Tibert

Le café, les cafés

Saturday, January 8th, 2011

Je suis allé à la pêche aux humeurs matinales sur la Toile, et j’en ai rapporté ça… et ça car la dérive du discours y est limpide, exemplaire, et mérite qu’on l’extraie sous forme cristallisée.

Tenez, le premier lien, qui m’avait été soufflé par une accroche du Figaro “Les Américains (*) n’aiment pas le café parisien“. Ah ? parcourant l’article en question – rédigé en anglais, mais ça ne me rebute pas – je constate qu’il s’agit de la qualité du café : le niveau gustatif du breuvage servi dans les rades de Paname ! pas du tout de la qualité des rades eux-mêmes. Le titre du Figaro est donc en l’occurrence précis et résume bien cet article.

Il se trouve que je suis globalement d’accord avec les Etats-Uniens en question : si le Robusta n’est quasiment plus utilisé, car âcre et peu parfumé, il est vrai qu’à Paris (et ailleurs en France, pour être juste !) les grains sont trop torréfiés, voire brûlés, que la fraîcheur du produit est sujette à caution, que la machine à café débite beaucoup et sans rinçage des porte-filtres, et qu’au final le liquide noirâtre servi tiède ou trop chaud a souvent un goût âcre, voire amer, plat, bref est loin de mériter des éloges.

L’article états-unien signale d’ailleurs plusieurs adresses parisiennes où le divin breuvage est de bonne qualité ; tant mieux ! Notons au passage que ni les tisanes brunes servies là-bas outre-Atlantique au décalitre sous le nom de “coffee”  (aucun goût, de la lavasse) ni les gobelets de carton surdosés  proposés par les Starbucks et autre Coffee Beans ne trouvent grâce à mes yeux. Mais bon, pour être honnête, je dérivais inconsciemment vers l’interprétation suivante : “Les Américains n’aiment pas les cafés parisiens“. Pluriel qui change tout ! il s’agit bien d’autre chose…

Sans que le pluriel soit employé, c’est bien des troquets parisiens, pas du breuvage, qu’il est question dans le second lien que je vous ai indiqué : “Un café à paris – Guide express du café parisien“. Article plaisant, présenté sous forme de BD, et avec lequel je suis pleinement d’accord. Mais on est très loin, là, du goût du café, dont il n’est d’ailleurs pas du tout question.

Café, cafés : dérive du discours – au total, le goût du “petit noir” à 2,80 euros servi sur un minuscule guéridon, avec réticence, en ronchonnant, avec plein de commentaires désobligeants, et sans le verre d’eau plate demandé… quand bien même serait-il délicieux, un pur nectar, ce petit noir, il est quelque part extrêmement désagréable.

Tibert

(*) abus de langage : les Etats-uniens, pas les Américains. Mexicains, Canadiens, Panaméens etc… apprécieront.

Catholique ? tapez 2

Tuesday, December 21st, 2010

On le voit tous les jours si l’on n’a pas l’oeil rivé sur l’écran de son SuperBigo (*), bref en français, son smartphone : les adeptes du Superbigo sombrent de jour en jour un peu plus dans la Superbigolâtrie, ne savent plus s’il fait beau, oublient les heures des repas.  Ils sont à bidouiller leur Superbigo, le caresser, en effleurer l’écran tellement noir, tellement brillant, tellement tactile. Ils téléchargent des milliers d’applications toutes plus indispensables les unes que les autres, de la météo instantanée au tchat (**) oiseux sur Fesse-Bouc embarqué. Ce faisant ils téléchargent et entretiennent aussi, bien entendu, ces délicieuses petites bêtes qu’on appelle affectueusement des cookies, ces petits parasites qui savent rapidement tout sur les goûts du possesseur du Superbigo, et savent le transmettre à qui de droit.

Mais non, je paranoïe, là… le Superbigo est une avancée significative dans notre belle civilisation occidentale. Tenez, on nous annonce l’application la plus pieuse, la plus sainte qui soit : la prière sur Superbigo !! Quelle prière ? eh bien, celle que vous voulez : suffira de paramétrer l’application (tapotez Menu-Outils-Préférences-Religion, etc…) pour pouvoir enfin lancer via Superbigo une ardente prière au Dieu de son choix. On pourra même faire brûler des bougies virtuelles si l’on a perdu un truc et qu’on croit à St Antoine de Padoue-qui-trouve-tout.

Evidemment, le gros problème, c’est l’ordre d’apparition des religions dans le paramétrage de la moulinette à prier ; à qui écherra le numéro 1. 1 – Vichnou ? 2 – Allah ? 3 – Yaveh ? ou 1 – Dieu ? 2 – Ron Hubbard etc… ? délicate question. L’idéal serait de paramétrer l’ordre d’apparition des choix. Qui voulez-vous voir apparaître en premier dans la liste des choix… 1 – Allah ; 2 – Dieu…   vous le pressentez, la mise en abyme n’est pas loin !

Moins débiles que nous, les Tibétains boudhistes ont depuis longtemps inventé le Super-Prieur automatique sans cookie, et pas besoin de Superbigo et de connexion 3G+, encore moins d’abonnement illimité à 60 euros chez Tartempion. Le moulin à prières est certes paramétré de manière figée, mais rien n’empêche d’en faire des versions catho, musulmanes, adventistes du 7ème jour, baptistes, que sais-je ?  à défaut d’autre chose, et en y adaptant des ailettes, ça fera toujours du vent.

Tibert

(*) un smartphone, of course, avec un display de 4,7 pouces !! sachant que le pouce se découpe traditionnellement en 6èmes (de pouces), calculez la diagonale de l’écran en centimètres, dont nos marchands de soupe auront bientôt oublié l’existence.

(**) tchat et non chat (prononcez “tchatte”). Le chat, c’est miaou-miaou, c’est invariable et éternel. Quant à LA chatte, c’est évidemment féminin, de toute éternité également.

Adieu, variétés états-uniennes de m…

Tuesday, December 7th, 2010

Musique d’ambiance, musique de fond, musique d’animation…

C’est – ce serait, conditionnel – une nouvelle à fêter avec une bonne bouteille de mousseux “méthode traditionnelle” en provenance de la Marne : le Figues-à-rôts – qui, soit dit en passant, a renoncé à nous faire payer la lecture des recopies des dépêches de l’AFP – nous annonce que la “musique” (avec plein de guillemets), c’est-à-dire les glapissements rythmés en yaourt britannico-amerloque que les magasins, centres commerciaux, boutiques… nous infligent dès la porte d’accès franchie, serait peut-être supprimée, parce que, bien entendu, ça coûterait des sous, et ça, c’est dissuasif !

Réjouissons-nous, gaudeamus, alléluïa, et toutes ces sortes de choses : enfin pourra-t-on peut-être faire nos achats EN SILENCE, donc sans devoir mettre des tampons d’oreille, sans l’urgente envie de fuir.

C’est pas gagné, mais ça va dans le bon sens !

Tibert