Archive for the ‘Consommation’ Category

Quand le bâtiment va… grossir de 30 %

Monday, January 30th, 2012

On le sait depuis hier soir, les immeubles de France pourront désormais, violant allègrement les règlements et normes sur les COS, gagner 30 % de surface sans paperasserie gênante : s’ils sont coincés latéralement, comme hélas souvent en ville, il leur sera donc permis de croître en hauteur ! exemple : un 6 étages + chambres dites “de bonnes” réhabilitées (relouquées) façon bobo, genre “rav stud, poutr-app, vue impr, cachet” (*)… disons 20 mètres de haut, cet immeuble, donc, va gagner 6 mètres, soit largement 2 bons niveaux, plus des chambres “de bonnes” qu’il sera possible de restyler façon bobo, etc etc.

L’histoire reste cependant assez évasive, et je dirais même que ça frise l’histoire belge – je m’explique :  est-ce qu’on a le droit d’agrandir les immeubles de 30 %, une fois ? parce que si c’est récursif, si l’on peut rehausser de 30 % un immeuble fraîchement remonté de 30 %, et qui  venait justement d’être étiré etc…  on va construire des gratte-ciels pas terribles !

Autre interrogation : les voisins vont peut-être apprécier moyennement leur nouvelle vue imprenable sur un beau mur surélevé… leur restera à rehausser suffisamment leur immeuble et acquérir le dernier étage pour retrouver leur panorama grandiose sur les poteries de cheminées et autres toitures en zinc. Et donc, les voisins des voisins, eux-mêmes, etc etc…

Mais bon, c’était juste un détail : c’est à n’en point douter une excellente initiative de notre Président-en-Chef -  qui n’a pas oublié que “quand le bâtiment va, tout va“, ça c’est bien vrai ça !  – et laisse enfin augurer d’une évolution positive, d’une rapide et ébouriffante sortie de crise. Et, l’astre butte notre liste, la vraie bonne nouvelle, c’est que les promoteurs vont enfin pouvoir nous construire des hauteurs sous plafond décentes ! ça les chagrinait, vous pensez…  au lieu des minables 2,5 mètres rikiki où ma grande perche de fiston se cogne au plafond en se passant un coup de peigne, ils vont nous faire du 2,5 x1,3 = 3,25 mètres. Un rêve : on va même pouvoir se faire une mezzanine, mémé !

Bébert, 30 % plus haut

(*) … et 7 étages à monter à pied.

Médecine de (casque à) pointe

Friday, January 20th, 2012

Une mienne connaissance, vieux corps mâle fatigué, a eu la mauvaise idée de se déclarer une méchante maladie veineuse sous l’équateur… à Singapour plus précisément. Impossible de rentrer dare-dare et ventre à terre sous nos cieux et la douce protection de la Sécu, on l’a donc soigné sur place. Et bien évidemment, anti-coagulants, mesure religieuse du taux de prothrombine, et du fameux indice international de “fluidité” du sang, j’ai nommé l’ INR. Là-bas, ils utilisent un petit appareil, de la taille d’un sabot de paiement Carte  Bleue – on vous pique le bout du doigt, on tartine une petite bandelette de réactif d’une goutte de votre précieux sang, on attend une minute en papotant… et zboinnnng, le résultat : avec de la chance, hopefully comme ils disent, ce sera entre 2 et 3, disons 2.8 comme sur mon illustration.

Un petit appareil très pratique et inconnu en France

Appareil de mesure INR instantanée

Notez bien que ces petits machins sont en vente libre sur la Toile, au Canada, en Asie, un peu partout. Autour de 1.000 dollars.

Bon, de retour en France, mon brave ami continue son traitement… ah non cher monsieur, ce truc là ? ça n’existe pas chez nous. Donc, aller au labo, faire la queue, se faire tirer une demi-pinte de sang à la saignée du coude – bien bleue, la saignée du coude, au bout de 4-5 trous – puis attendre 3 à 4 heures, téléphoner pour avoir les résultats. La routine, quoi…

On me dit – le toubib à qui j’en ai parlé m’a dit : “c’est politique, les labos blahblahblah..” ;  on me dit – la laborantine à qui j’en ai parlé m’a dit : “les labos ne veulent surtout pas de ça, c’est du bon pain pour eux tous ces gens qui viennent se faire trouer la saignée du coude”.

On m’a dit – un vieux retraité depuis 15 ans sous anti-coagulants m’a dit : “il faut aller au labo tous les 15 jours… moi je peux pas y aller à pied, alors il faut appeler l’ambulance… mais pas de chance, il n’y a jamais d’ambulance “assis” disponible, alors on me trimballe jusqu’au labo en ambulance “couché”, et je m’assieds à côté du chauffeur… ça doit coûter un max, tout ça”.

Eh oui, faites les comptes, les labos, les ambulances… bon, vous avez compris le film ? comme les diabétiques, qui sont maintenant et heureusement plus autonomes, les centaines de milliers de gens qui sont sous anti-coagulants pourraient se faire leur petit test INR tout seuls chez eux, comme des grands, ou à la rigueur chez un voisin, chez le toubib du coin, ça coûterait bien moins cher, ce serait bien plus pratique… meuuh non, enfin, nous avons une médecine DE POINTE, nous, en France.

Allez, faites passer, parlez-en à vos copains, ça finira peut-être par faire bouger les lignes…

Tibert

Grands espaces

Thursday, December 29th, 2011

Les poules pondeuses “de batterie”, ou d’abattage, comme vous voudrez, fournissent 80 % des oeufs de poule (eh oui…) produits en France. Elles disposaient réglementairement jusqu’ici de 550 cm2 dans leur enfer quotidien de chaleur, promiscuité, bruit, lumière permanente, mais vont bénéficier de la sollicitude de l’Union Européenne, qui leur octroie 750 cm2, plus un perchoir, plus un grattoir, plus… bref, s’il existe un enfer moins dur que l’enfer, voilà, c’est à ce doux enfer qu’elles vont avoir droit, ce dès le 1er janvier 2012. Merci Bruxelles, une fois.

Ceci pose tout de même un problème d’éthique, et si je ne rejoins pas madame Bardot, Brigitte, dans tous ses combats, sur ce point de la cruauté des hommes envers les animaux je ne peux qu’être de son bord. On a assez pleuré, boycottons. Boycottons les oeufs marqués “3…”, soit tous les oeufs produits en élevage de batterie. Et tant qu’à faire, seuls les oeufs  “0…” (supposés “biomachin”) et “1…” (poules élevées en liberté) méritent qu’on les bouffe. Les “2…” ouais, c’est moins pire,  mais bon, elles voient pas la lumière du jour… vous vivriez comme ça, vous ?

Vous allez me dire – et une copine à moi le disait, haussant les épaules, “je ne vois pas la différence“. Certes ! le blanc est blanc, le jaune est jaune, un oeuf est un oeuf. Mais la poule, ELLE, elle la voit, la différence ! et comment. Faites donc rapidement un sondage débile façon Figues-haro auprès des poules lectrices de ce canard, du genre comme hier “La SNCF a-t-elle raison d’augmenter ses tarifs ? Oui- Non” (devinez la réponse) : “Poules, mes amies, préférez-vous une cage de 750 cm2 ou un pré d’herbe verte ? Cage – Pré ” vous verrez,  impressionnant, ça va faire genre plébiscite.

Reste qu’on ne peut pas, hélas, boycotter efficacement les oeufs “3…”. Bicôse les restos, et les aliments industriels. Quel resto osera nous annoncer sur sa carte “Nous n’utilisons que des oeufs 0 ou 1“, quel industriel de la biscuiterie, des pâtes aux oeufs frais, de la ragougnasse en boîte affichera fièrement sur ses emballages “que des oeufs de poules en liberté chez nous” ?  Allez, on fera comme on pourra, on va quand même essayer. Ouvrons les boîtes d’oeufs, et “3…” : Niet ! “2…” ? que nenni. Oui, c’est plus cher, je sais. Eh bien, mangez-en moins, de toutes façons c’est bourré de cholestérol,  bio ou pas, donc allez-y mollo :  à ne bouffer qu’avec Parcimoni et Bonessian.

Bébert

Courses folles

Wednesday, December 28th, 2011

Les tarifs du gaz, des trains, de ceci, de cela, vont augmenter en janvier, comme d’hab’ - on commence à s’endurcir : même pas mal – et bien évidemment ceux des taxis.

Leur course folle aux sons de Radio-Côte-d’Ivoire ou d’une radio kurde, à payer en espèces exclusivement – si vous voulez une facture, vous aurez une fiche griffonnée au coin d’un feu de croisement – va désormais vous coûter au minimum 6,40 euros (et évidemment beaucoup plus la plupart du temps) sans oublier le pourboire, largement justifié vu l’amabilité et l’empressement.

Avancée majeure (pour eux), les taxis n’auront plus à montrer par signal rouge / vert s’ils sont libres ou pas… c’est idiot, c’était pratique, eh bien non, ça les gêne, donc on a supprimé ça. A vous d’agiter le bras frénétiquement et à tout hasard, tel un sémaphore désespéré au bord de la chaussée :  ILS choisissent.

Bon, résumons-nous : corporation à “numerus clausus”, rare, peu disponible, de plus en plus et trop chère, pas très agréable la plupart du temps – puisque nos gouvernants, droite-gauche confondus (et merci tout particulièrement à monsieur Pasqua)  sont infoutus d’avoir un peu de courage et de réformer cette profession qui leur est si chère dans le sens d’un meilleur service (*), appelons de nos voeux l’avènement de moyens propres à envoyer ces gens-là rejoindre les allumeurs de réverbères, les réparateurs de bidets et les cardeurs de matelas.

Longue vie à Autolib, Velib et toutes ces sortes de choses !

Vivent les motos-taxis, les crypto-taxis, les taxis sans plaque, les camionnettes collectives et les minibus dégriffés !

Vive l’auto-stop  au coin des feux de croisement, avec une pancarte pour la destination et le billet de 10 qui dépasse de la poche !

Vive le covoiturage  en ville !

Bébert

(*) une commission Attali avait, il y a 3 ou 4 ans, fait des propositions positives, évidentes, sensées… elles ont fini à la poubelle, les propositions Attali sur les taxis.

Réfléchissons, voyons… réfléchissons..

Monday, December 5th, 2011

Bonne nouvelle : “l’État réfléchirait sur la possibilité de modifier la formule de calcul des tarifs du gaz, qui se base plus sur les coûts d’approvisionnement de GDF Suez et moins sur l’évolution des prix de marché du gaz. L’application de cette nouvelle version pourrait aboutir à une augmentation de 6% plutôt que de 10%“.

Mais oui, ils y réfléchiraient, là-haut…  là, derrière leurs fronts altiers et savants. Voyons voir, voyons voir…  serait-il possible de changer la formule ? sachant que mon ami Mestrallet, de chez GDF-Suez, tient à  ce que ça ne change pas, sachant que les Français se sont déjà morflé 3 hausses violentes du prix du gaz depuis avril 2010, soit +9,7 %, +5 % puis enfin +5,2 %, soit au total + 21 % d’augmentation en 18 mois, sachant que le gaz, il y en a des réserves prouvées sans commune mesure avec le pétrole, et que les prix sur les marchés mondiaux sont bien plus bas, mais que justement, la formule de calcul, elle, fait référence au prix du pétrole, parce que ! c’est comme ça !, alors, on y réfléchirait, au conditionnel, chez le Ministre de l’Industrie, de l’Energie  et des Justes Prix. Si, si.

J’ai parcouru la page “Dolcevita” de GDF, qui nous explique doctement pourquoi il faut payer de bon coeur, pourquoi notre fille est muette, et pourquoi les prix du gaz augmentent inexorablement, tels l’entropie – c’est scientifique, très convaincant, tenez : “…Par ailleurs, les 2 énergies (gaz et pétrole, NDLR) sont en concurrence directe pour de nombreux usages, si bien que si la demande s’accroît pour l’une, elle s’accroît également pour l’autre“. Eh oui, si pour faire vos courses, Leclerc est en concurrence directe avec Carrefour, quand vous allez plus chez Carrefour, c’est forcément que vous allez également plus chez Leclerc, c’est clair, non ? non ? ah bon c’est pas comme ça ? c’est même le contraire ? zut alors.

Tibert

De l’art de louer

Friday, October 7th, 2011

Tiens, une bonne nouvelle pour se mettre en jambes : madame Palin, Sarah, Etats-Unienne et républicaine, “Tea party” etc -  oh combien ultra-libérale sauf en matière de morale, ne se présentera pas à la course à la Maison Blanche. On va y perdre un peu de folkhlore, quelques bons mots involontaires, mais y gagner de la tenue. Le pittoresque réac’ poussé à l’excès lasse.

Une autre nouvelle, mais qu’elle est pas bonne, évidemment, vu qu’on ne lui souhaitait pas ça, c’est la mort de l’ex-patron d’Apple. Mais je ne vous apprends rien, c’est dans tous les canards, ça va tartiner un max pendant 3-4 jours là-dessus, hagiographie et pieuses images du garage oùsqu’il a bidouillé sa première babasse, etc. Apprêtez vous à en avoir jusqu’aux yeux, de l’Apple et du Jobs.

Et ça y est, c’est le dithyrambe, ça déborde, on lui dresse des statues, on le compare à Einstein. Les gars, un peu de tenue.. vous allez dire des bêtises, là…  remettons les choses en perspective, vous voulez bien  ?  humainement je ne sais pas, je ne fréquentais pas le bonhomme, sûrement un brave type, mais question boulot il y a de la nuance à apporter.

Apple est la boîte qui ferme ses machines (et se fait des couilles en or avec ses iTunes bien verrouillés). On connaît ça, les appareils dont on ne vous donne pas le mode d’emploi détaillé, pas réparables à la maison, assemblés avec des vis qu’on ne peut pas dévisser. Chez Apple, c’est quasi une religion. Comparé au PC qui se bidouille tant qu’on veut, un vrai Meccano, on a vite fait de choisir.

Monsieur Jobs a su s’entourer de bons stylistes, être exigeant sur ce point ;  les bécanes MaPomme sont minces, blanches, mignonnes, craquantes… rien à dire, c’est jouli (et je m’en fous). Mais surtout, c’est là son génie, monsieur Jobs était un excellent homme d’affaires, ce qui n’a rien à voir avec les facultés mentales d’Albert E=MC2. Il avait du charisme ? euh… je m’en fous aussi. Il était sûrement un génie, oui, du marquétingue ! Le marquétingue, l’art de vous obliger à acheter un truc dont vous n’avez pas besoin, parce qu’il est associé à un autre truc dont vous avez besoin. Le marquétingue, l’art de vous vendre le manche du couteau d’abord, pas trop cher, mais quand même, en laissant espérer que bientôt, on pourra se procurer, très cher, la lame qui va avec, mais bon, on n’est pas obligé de vous le dire tout de suite. Le marquétingue, l’imprimante jet d’encre à 24 euros virgule quatre-vingt-dix-neuf, et les quatre cartouches d’encre à 35 euros virgule quatre-vingt-quinze chacune.

Le marquétingue, ou comment baiser le client, qui en redemande, et fait la queue pour être dans les happy few gogos qui se procureront dès le premier jour de vente le précieux, le superbe, le magique iMachin blanc et mignon comme tout, mais qui n’a pas de port USB (*) parce que les marquéteux ont prévu – sans vous le dire, évidemment – de l’en équiper avec la version suivante.

Bon, résumons nous, c’était sûrement un super patron, et probablement un type sympa, direct, pas m’as-tu-vu, et on se souviendra d’un remarquable bidouilleur. On va le regretter, lui et son Apple II.

Tibert

(*) je deviens technique, là… excusez.

Le temps réel, au bout du couloir à gauche

Friday, September 30th, 2011

Cocorico de nouveau (après la Caravelle, le SECAM, le Minitel, Transpac et tant d’autres merveilles franco-françaises), EDF va nous installer gratoche – du moins vu de la surface ce serait, paraît-il, gratoche, mais va savoir… – un super nouveau compteur électrique intelligent et communicant. Waoowww !  évidemment il porte un nom à racine anglaise, what else, sinon ce serait nul de chez Nul : Linky, clin d’oeil à link, lien. On n’aurait pas pu le nommer Albert ou Josette, vous vous rendez compte la honte ? Bon, il sera jaune fluo, du meilleur goût, et on s’en fout, vu qu’il sera le plus souvent planqué au fond d’un placard, au bout du lotissement sur une borne collective, au sous-sol de l’immeuble dans une armoire technique.

Mais bonne nouvelle, on ne sera plus obligé de poireauter à la maison le jour où l’agent EDF viendra relever le compteur : il relèvera le compteur depuis son bureau, bien au chaud. Ahhhh ! et par ailleurs, l’autre intérêt de Linky, ce sera de nous permettre de suivre notre consommation électrique “en temps réel” ! j’explique : on allume une plaque pour faire bouillir l’eau des pâtes… on fonce au bout du couloir de l’escalier C, on ouvre l’armoire des compteurs avec la clé qui est accrochée au clou derrière la porte coupe-feu, on braque sa loupiote de poche sur son compteur, et on lit qu’on consomme, disons, à cet instant précis, 19,45 ampères, ou 4258 watt (sous 220 volt environ, ou 230, 228 ? allez, 228 !). En voilà une information qu’elle est utile !

Eh oui, voilà qui nous aide puissamment : on a la télé qui beugle, l’ordinateur du gamin avec l’imprimante en veille, un sèche-cheveux dans la salle de bains (réglé sur 1 ou 2 ? euh… la porte de la salle de bains est fermée à clé ), il y a 7 ou 8 ou 9, qui sait, lumières allumées, le frigo ? le frigo ? ah, on retourne chez soi en vitesse vérifier si le frigo ronronne ou pas, oui il ronronne !  la chaudière ? ah, la chaudière… on sait pas, elle est dans un placard. Attendons donc que le frigo s’arrête… ah zut l’eau des pâtes bout.

Non mais je suis vraiment trop critique, là.. je ne vois que le mauvais côté des choses, ma parole… je dénigre à plaisir… d’ailleurs, sachez-le, une expérience pilote a été menée, et 10 % des consommateurs ont tenu compte des informations de Linky pour modifier leurs habitudes. Enorme  succès ; les 90 % qui s’en sont foutus ont sûrement tort et ce sont des vieux schnocks.

Cerise sur le gâteau, c’est sur Internet que vous pourrez dépouiller au calme, le soir à la chandelle, vos passionnants relevés de consommation Linky. Quoi ? vous n’avez pas Internet ? bandes de ruraux arriérés, indécrottables otages de l’Opérateur Historique. Qu’est-ce que vous foutez à plus de 5 km d’un central téléphonique ? et comment ça se fait que vous n’avez pas l’argent pour vous payer Internet ? et vous ne savez pas vous servir d’un ordinateur ? mais qu’est-ce que vous avez appris à l’école ? ah bon y avait pas d’ordinateur ? c’est possible ça ?

Tibert

Suicide collectif et museau vinaigrette

Tuesday, August 2nd, 2011

Nos fins limiers de l’identification des causes de mort approchent lentement de la vérité. C’est vrai aussi que c’est terriblement ardu, cette histoire d’une vingtaine de cochons de sangliers trouvés morts sur une délicieuse petite plage verte des Côtes d’Armor. Après moult remue-méninges, expertises, autopsies et recherches historiques, le commissaire Velet (à moins que ce soit Raymond Souplex) a frappé sa paume gauche du poing droit, en s’exclamant : “bon sang ! mais c’est bien sûr !”. Et c’est ainsi, chers auditeurs, que l’hypothèse des algues vertes tueuses se renforce, le canard nous l’annonce. “Sangliers morts en Bretagne : la piste des algues vertes se précise“. Ils sont très forts, disons-le.

Moi je trouve quand même que c’est un peu facile, là, comme explication. D’accord, le gaz sulfhydrique (H2S pour les intimes) a déjà tué un cheval, d’accord, le niveau de nitrates dans les eaux de surface et dans la nappe phréatique est épouvantable en Côtes d’Armor, d’accord, on sait qu’il y a là-bas beaucoup trop de porcheries industrielles, qui balancent leur lisier odorant dans le paysage ; bien entendu on sait pertinemment que ces algues vertes sont dues à cet excès de nitrates, et qu’elles produisent en se décomposant du H2S. Certes… et certes derechef, ça ne sent pas toujours la rose dans la campagne bretonne.

Mais bon, il y a d’autres pistes. Trop facile d’accuser les agriculteurs bretons ! tiens, on a déjà vu ça avec le Temple Solaire, avec la secte de Waco, avec tout un tas de groupuscules ; c’est sûrement un suicide collectif. Et ça tombe juste avant le début du mois du jeûne chez les Musulmans – du moins ceux qui veulent s’y conformer. Sachant la race porcine athée – je ne les ai jamais vus à l’église – on ne peut pas incriminer quelque lubie ésotérique. C’est manifestement un geste symbolique fort, une solennelle protestation contre l’ostracisme qui les frappe. On sait en effet que le porc est proscrit, “bio” ou élevé en batterie, par tous ces gens-là, et les Juifs pieux aussi, et c’est injuste, trop injuste. De mon point de vue, d’ailleurs, c’est à tort, j’apprécie les rillettes et le petit salé, le jambonneau et le boudin, et, cochonnes, cochons, laies et sangliers, vous avez toute ma sympathie. Quoique, le porc de batterie, je passe mon tour, il a vécu trop malheureux.

Tibert

Aïe à 2 drimes, euh gaïne !

Friday, July 15th, 2011

Je lis ça, au petit matin de la gueule de bois d’après les flonflons de la Fête Nat’, et c’est beau : “J’ai rêvé que nous puissions remplacer ce défilé [militaire] par un défilé citoyen où nous verrions les enfants des écoles, où nous verrions les étudiants, où nous verrions aussi les seniors défiler dans le bonheur d’être ensemble, de fêter les valeurs qui nous réunissent”. C’est joli, non ? c’est du Joly, Eva pour ses groupies d’EELV, les écolos rangés derrière la bannière à lunettes rondes et fushia au bout du nez.

Je lis ça, et sur ce point au moins je suis complètement d’accord avec madame Eva, sauf que moi je n’en ai pas rêvé, pas eu besoin, du moins, de me prendre pour un avatar de Martin Luther King ; d’autre part, autre bémol, si “séniors” relève du vocabulaire latin, c’est en fait du Politiquement-Correct anglo-machin pur jus, pour ne pas dire “vieux”, l’épouvantable et repoussant “vieux”. Pourtant, “où nous verrions aussi les vieux défiler…“, ça le ferait tout aussi bien, non ? allez, édulcorons, “les anciens“, si vous y tenez.

Mais bon, oui, sur le fond,  on en a marre nous aussi, non-EELV, ou à peine, de voir les militaires confisquer la fête nationale, et marre itou d’entendre des paroles historiques, certes, mais horriblement datées et sanguinaires sur la musique de notre Marseillaise. Qu’un rouget de l’île moderne et inspiré nous abreuve de ses couplets apaisés, c’est tout ce que je nous souhaite.

Ah oui, tiens, autre chose : on a amplement pris connaissance,  à la télé, ces derniers jours, des désordres occasionnés dans les aéroports parisiens et marseillais par un “arrêt de travail d’une certaine catégorie de personnels” d’Air Algérie. En d’autres termes, c’était la merde ! eh bien, je suis allé voir, une fois, sur les sites du genre Le BilletLeMoinsCher.com, ou VoyagezPasCon.fr, les vols Paris-Alger, par exemple, au hasard… vous me croirez si vous voulez, mais il y a 9 compagnies qui assurent des vols Paris-Alger ; pas qu’Air Algérie ! Iberia, Lufthansa, Air France (Alitalia, c’est pareil), Aigle Azur, tout ça. Alors, les gars, un conseil : un clic du mulot sur VoyagezMoinsCons.org, et faites jouer la concurrence.

Tibert

Les cousses de l’amour

Monday, June 27th, 2011

Mais non, voyons, c’est un contrepet idiot : il s’agit des cours de la mousse ! la mousse, le demi de bière est annoncé à la hausse, le saviez-vous ? non ? eh bien vous le savez désormais, et je vous encourage vivement à foncer vite fait au plus proche magasin SuperMegaFantasticDiscount pour y emplir un ou deux caddies de packs de bière, et à en stocker dans votre baignoire. Vous avez sûrement, dans votre sagesse, empilé 500 paquets de café sous votre escalier – le café flambe, ça va être hors de prix le petit noir – mais vous trouverez bien une petite place, je vous fais confiance.

Au passage, remarquons que le “demi” n’est qu’un quart, car les limonadiers s’y entendent à nous faire prendre des dés à coudre pour des barriques, et encore faut-il vérifier que le liquide servi atteint le trait fatidique des 25 cl sur la paroi du verre : avec combien de bistrotiers me suis-je fâché pour cause de niveau trop bas ! Il est pourtant de notoriété publique que 25 cl c’est vraiment le minimum vital pour s’humecter le gosier, et nos voisins du Nord de l’Europe,  où pourtant il fait moins chaud, y vont, eux, de 33, 40, voire 50 cl, ce qui commence à être correct, décent, bref de taille humaine.

Il fut un temps – vers l’an 2.000 – où la mousse au comptoir atteignait ses 11-12 francs. En salle, ou en terrasse, alors là c’était hors de prix, vous pensez bien que le serveur avait à vous facturer l’usure de ses semelles, car vous n’êtes même pas cap’ de prendre vous même le verre sur le zinc pour aller vous installer à un guéridon – chez les Rosbifs ça se fait, ils ne sont pas si feignasses, mais ici en France, le consommateur est très très statique : soit il se pose au comptoir, soit il s’installe en salle, mais  jamais il ne passera de l’un à l’autre, il se ferait gronder très sévèrement.

Désormais ça tourne entre 2,50 – 3 euros le demi au comptoir, ce qui nous aurait fait 16 à 20 balles au temps du franc, eh oui. Attendez-vous donc à y aller de vos 3 euros minimum, et bien plus si affinités.

C’est la faute à la sécheresse, bien évidemment, et si on n’avait pas eu la sécheresse on aurait eu les sauterelles, ou la tempête, ou la guerre en Lybie, ou le tsunami au Japon, ou la faible pollinisation des haricots, mais de toutes façons il y a une excellente raison pour que les cours montent. Et pour qu’ils baissent ? il n’existe pas d’excellente raison.

Enfin, ajoutons-y le fait que les Français ont oublié que l’Euro est divisé en dixièmes d’euro, voire, le croiriez-vous, en centièmes d’euro ! Donc on compte chez nous comme ça : 1 euro, 2 euros, 3 euros… jamais 1,25 ou 3,40 ou 2,70. Evidemment ça manque de nuance, vous admettrez.

Bon, en conclusion, je m’en vais paraphraser  la célèbre répartie du regretté Philippe Noiret, Ripou de cinéma, au bougnat qui lui proposait un cigare… “Vous prendrez bien une petite mousse ? – pourquoi, petite ? ”

Tibert